Le Premier ministre algérien accuse le Maroc d’être l’instigateur des tueries de Ghardaïa !

Evoquant les tueries interethniques de Ghardaïa, lors d’une séance de hearing avec les notables de cette wilaya meurtrie, le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, a crié au complot et accusé le Maroc d’avoir financé et téléguidé le jeu de massacre.

Rappelez-vous! Le 9 juillet courant, on épinglait, ici même, la chaîne Annahar.TV, porte-fanion du fameux DRS (renseignement militaire algérien), pour son réquisitoire infondé et gratuit contre le Maroc accusé d’avoir fomenté les troubles interethniques de Ghardaïa, à 600 kilomètres d’Alger. Cette petite lucarne, que personne ne croit en Algérie, à plus forte raison à l’étranger, évoquait même un «financement» de la part de la plus haute autorité du royaume de ces tueries regrettables.
Connaissant les accointances de cette télé avec les services de Mohamed Mediène, qui a fait ses premières armes au KGB de la défunte URSS, ses saillies «idiovisuelles» (bien idiovisuelles !), son saut médiatique (dans le néant !) était à mettre plutôt sur le registre de l’hurluberlu, pour ne pas dire du bouffon carrément.
Or, c’est à la bouche de son excellence Abdelmalek Sellal que cette ânerie (pardon, monsieur le Premier ministre !) a été relevée cette fois.
«Le Premier ministre Abdelmalek Sellal a révélé, mercredi dernier, que les affrontements meurtriers qui avaient secoué la vallée du M’Zab ont été mis à exécution par des représentants de la population en exécution d’un plan financé par un pays frère mais aussi par d’autres qui ne le sont pas», rapporte le site électronique algérien «Algérie1», dans son édition de ce lundi 13 juillet.
Vous aurez donc vite compris que ce «pays frère» n’est autre que le Maroc, accusé d’avoir orchestré les derniers affrontements ethnico-confessionnels survenus dans la vallée de Mzab (plutôt la vallée des larmes !) en montant la minorité mozabite (Amazighs de rite ibadite) contre la majorité arabe malékite !
A toutes fins utiles, notons encore une fois que c’est le Premier ministre algérien qui a débité ces sornettes cautionnant ainsi la thèse incongrue, saugrenue et surréaliste d’Annahar. TV passée maître dans le registre de politique-fiction et des scénarios loufoques des films Spy façon James Bond !
Non mais difficile d’imaginer cette billevesée dans la bouche d’un Premier ministre, qui plus est, touché par la grâce (présidentielle !) d’Abdelaziz Boueflika et candidat favori à sa succession.
Honnêtement, face à cette lumineuse calembredaine, et à moins que monsieur Sellal ne veuille jouer les bouffons du pouvoir (ce qui serait indécent vis-à-vis des familles des victimes endeuillées de Ghardaïa), d’aucuns se prendraient même à douter des capacités intellectuelles du Premier ministre algérien ! Un monde fou, fou, fou!

13/07/2015

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