Alger : «En faisant du Sahel et de l'Afrique subsaharienne son terrain de chasse économique favori, le Maroc donne ainsi un bel exemple de coopération Sud-Sud, un domaine dans lequel excelle pourtant l'Algérie au plan du discours».

Ainsi a écrit lundi le journal algérien El Watan, éditorialisant autour de la tournée en Afrique du Roi Mohammed VI. 

«Les firmes marocaines ne négligent, sur le continent, aucune niche pour améliorer leurs gains. Par ces temps de vaches maigres, elles ont bien raison d'agir de la sorte. En misant sur l'Afrique, nos voisins marocains sont, pour ainsi dire, certains de gagner le jackpot», a remarqué l’éditorialiste d’El Watan dans son billet titré ‘Algérie-Maroc, un contraste africain’. 

MOHAMMED VI : LE MANAGER

 

Le journal algérien y a informé ses lecteurs que «Fidèle à ses habitudes diplomatiques, le Roi Mohammed VI a entamé, vendredi dernier, un périple en Afrique de l'Ouest qui le mènera, tour à tour, au Sénégal, en Côte d'Ivoire puis au Gabon. En plus d'avoir très certainement pour objectif de raffermir les amitiés africaines du Maroc et de défendre la marocanité du Sahara, il est bien évident que ce déplacement royal servira au manager qu'est aussi Mohammed VI, pour plaider la cause des entreprises marocaines sur le marché africain et, d'une pierre deux coups, promouvoir le made in Morocco», poursuit le journal. 

«Et pendant ce temps, que faisons-nous? Eh bien, l'exact contraire de ce qu'il faut faire», relève le journal, faisant remarquer que «la majorité des équipes qui se sont succédées au pouvoir depuis la fin des années 1990 ont mystérieusement amorcé le retrait progressif de l'Algérie du terrain africain jusqu'à l'en faire sortir».

 

L'ALGÉRIE NE CONNAIT PLUS L'AFRIQUE

«Conséquence: si sur les cartes géographiques l'Algérie fait évidemment bien partie de l'Afrique, dans les faits, notre pays tourne le dos au continent. Et justement, la preuve de ce désintéressement et de ce retrait réside dans le fait qu'en dehors de participer aux réunions de l'Union africaine, le chef de l'Etat n'a effectué, en près de 14 ans de présence au pouvoir, aucun voyage d'Etat en Afrique. Cela veut tout dire», souligne l'éditorialiste. 

 

«Concernant l'Afrique, l'Algérie a dans le meilleur des cas préféré opter pour la politique de l'autruche. Mais le plus grand danger vient certainement du fait que nous ne connaissons plus vraiment l'Afrique», conclut le journal.

 

 

18/03/2013