Alger : La visite du président français François Hollande au royaume, semble passer très mal dans les arcanes du pouvoir algérien, au point que la presse proche de lui, court à avertir le président français que le Maroc est en dislocation.

La marche de l’opposition contre les politiques gouvernementales, ayant eu lieu dimanche dernier à Rabat, action d’expression somme toute démocratique, a été normalement incomprise dans une Algérie si étrangère aux pratiques démocratiques, au point que le pouvoir et ses médias ont en fait une insurrection conduisant le Maroc vers un effilochement de ses institutions. 

 

Ainsi le quotidien algérien El Watan a reproduit ses dictées en écrivant que «la visite de François Hollande au Maroc intervient à un moment où ce pays est en proie à une dégradation du climat socioéconomique grandissante», argumentant son affirmation par la tenue le week-end dernier de la manifestation de plusieurs milliers de travailleurs à l'appel de la Fédération démocratique du travail (FDT) et de la Confédération démocratique du travail (CDT). 

 

Le journal relaye aussitôt les attaques du pouvoir algérien contre la France, lui reprochant avec amertume son soutien au plan de l’autonomie au Sahara, avancé par le royaume comme solution définitive au conflit du Sahara.

"LA FRANCE CÉDE À LA PRESSION DES LOBBIES"

Ainsi a écrit El Watan : «Les autorités françaises ont beau arguer que la France s'en remet aux résolutions des Nations unies pour le règlement du conflit au Sahara occidental, il n'en demeure pas moins qu'elles ont clairement pris parti pour le plan d'autonomie, que Paris qualifie de base sérieuse de négociation, sur lequel Rabat fait un forcing diplomatique de longue date. N'est-ce pas une façon de faire pression sur le secrétaire général de l'ONU, alors que son envoyé spécial Christopher Ross quitte la région le jour même où François Hollande se rend en visite d'Etat au Maroc».     

 

Dans le même sens est allé un autre journal algérien, ‘L’expression’, qui s’est mis à la tache en se plaignant «Qu'ils soient socialistes ou de droite, tous les présidents qui s'étaient succédé à l'Elysée ont adopté la même ligne de conduite, celle de Rabat». 

 

L’expression accusait la France de tenir un double langage, se demandant si Hollande allait prendre enfin une décision qui rendrait espoir à Alger : «Le locataire de l'Elysée va-t-il contribuer à ouvrir un épisode qualitatif dans la résolution du dossier du Sahara, ou va-t-il, comme ses prédécesseurs, céder à la pression des lobbies?» conclut le journal.

04/04/2013