Un Chauffeur d'ambulance assassiné lui aussi

Rabat : Avec une forte présence des familles des 11 policiers, gendarmes, sapeurs pompiers et éléments des forces auxiliaires, égorgés, lors de l'opération de démantèlement du camp de Gdeim Izik en novembre 2010, ont été déférés devant la cour de justice militaire, les 24 accusés de ce carnage.

Femmes, enfants et vieillards, la plupart originaires des provinces du sud du Royaume se sont donné le mot pour venir exprimer devant le tribunal militaire de Rabat leur affliction suite à ces évènements sanglants, brandissant les photos des leurs, gisant à terre sauvagement assassinés et des banderoles où elles réclament que justice leur soit rendue. 

 

Vingt-quatre personnes sont poursuivies dans le cadre de ce procès. 

 

Elles ont été arrêtées suite à leur implication dans ces événements qui remontent aux mois d'octobre-novembre 2010. 

 

Elles doivent répondre d'actes liés à "la constitution de bandes criminelles, violences sur les forces de l'ordre ayant entraîné la mort avec préméditation et mutilation de cadavres". 

 

A la veille de l'ouverture du procès, la Coordination des familles et amis des victimes des événements de Gdim Izik (COFAV) a demandé à ce que justice soit rendue aux victimes de ces évènements. 

 

"Nous voulons que justice soit rendue aux victimes, conformément aux lois et aux conditions du procès équitable tel qu'il est prévu par le droit", a affirmé la Coordination, dans un communiqué rendu public jeudi. 

 

Cette exigence de justice, ajoute la coordination, "même si elle n'atténue pas les souffrances des parents, des enfants et des amis de nos fils qui sont tombés, leur permettra d'accomplir le deuil, de comprendre ce qui s'est passé, et surtout de leur rendre justice en punissant leurs bourreaux". 

 

Le 10 octobre 2010, des habitants de la ville de Laâyoune ont dressé à proximité de la ville, au lieu-dit Gdim Izik, un campement de tentes en vue de défendre des revendications sociales légitimes, liées principalement au logement et à l'emploi. 

 

Les autorités marocaines avaient alors initié un dialogue et présenté une série de mesures pour répondre progressivement à ces revendications, lequel dialogue n'avait pas abouti au dénouement de la situation sur le terrain. Les autorités marocaines avaient décidé de procéder au démantèlement pacifique du campement afin d'imposer le respect de la loi et la préservation de l'ordre public, rappelle une source locale ayant suivi ces évènements. 

 

Cette intervention, ajoute la même source, avait sitô t donné lieu à des attaques violentes par de petits groupes contre les forces de l'ordre à l'aide d'armes blanches, de jets de pierre, de cocktails Molotov et de bonbonnes de gaz. Par la suite, des affrontements avaient éclaté dans la ville de Laâyoune où des infrastructures et des biens publics avaient été incendiés et des propriétés privées saccagées. 

 

Ces attaques avaient fait 11 morts parmi les forces de l'ordre, y compris un élément de la Protection Civile, 70 blessés parmi ces mêmes forces dont plusieurs grièvement atteints et quatre autres blessés parmi les civils. 

 

A rappeler également que ce procès se déroule sous l'observation de plusieurs associations des droits de l'homme, ONG et organisations indépendantes nationales et internationales.

01/02/2013