Aucun pays ne pourra répondre seul aux défis sécuritaires, a expliqué le ministre libyen des Affaires étrangères à ses homologues du Sahel-Sahara lors d'un sommet sur la sécurité frontalière réuni mardi 14 novembre à Rabat.

 

Mohamed Abdelaziz a expliqué que cela s'appliquait à tous les pays de la région, quels que soient les moyens à disposition.

 

Lors de la conclusion de cette réunion, les ministres de dix-neuf pays du Sahel et du Maghreb ont adopté la "Déclaration de Rabat", qui crée un centre de formation conjoint sur la sécurité frontalière, a indiqué l'AFP.

Les ministres ont estimé que cette initiative était une étape importante dans la lutte contre les agitations jihadistes, en particulier au Mali et en Libye.

 

Ce centre de formation, dont le chef de la diplomatie marocaine Salaheddine Mezouar a indiqué qu'il pourrait être installé à Rabat, se verra complété par une plus grande coopération en matière de renseignements et par l'emploi de nouvelles technologies aux frontières.

 

Jeudi, la Libye a été chargée de suivre la mise en place du plan d'action de Tripoli et de la Déclaration de Rabat.

 

"Les Libyens ont été chargés de commencer à mettre en place ce mécanisme, en consultation avec les pays voisins", a expliqué Abdelaziz.

 

Le ministre marocain de l'Intérieur Mohamed Hassad a expliqué pour sa part que les pays d'Afrique du Nord et de la région sahélo-saharienne ont besoin d'échanger des informations, de mettre en place un système d'alerte précoce et d'harmoniser leur arsenal juridique.

 

"La lutte contre les menaces pesant sur les pays de la région constitue une priorité absolue. Aussi faut-il dépasser les différends et coordonner les efforts pour relever ces défis sécuritaires sans pour autant se replier sur soi, en faisant en sorte que ces frontières restent un espace d’échanges humains, commerciaux et culturels entre les peuples", a-t-il expliqué.

 

Pour lui, la vigilance est essentielle si l'on veut neutraliser les menaces des groupes terroristes et des réseaux criminels qui exploitent les faiblesses en matière d'échange d'informations et de coopération entre nos pays, a-t-il ajouté.

 

"Le terrorisme ne peut être contrecarré qu’à travers des réponses partenariales", a-t-il souligné.

 

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a reconnu pour sa part que la gestion des espaces frontaliers nécessite une approche de coopération à l'échelle régionale.

 

Il a cité le cas de la Libye, "un pays où les menaces sur les frontières continuent de s’accroître dans un contexte général d’instabilité dans la zone saharo-sahélienne, rendant nécessaire une réponse coordonnée à des défis communs".

 

Selon le politologue Jamal Farhane, la présence à cette conférence de représentants de plusieurs pays de la région et des partenaires internationaux a montré la prise de conscience croissante des défis sécuritaires qui exigent une action concrète de l'ensemble de la communauté internationale.

 

Des ministres et des responsables d'Afrique, d'Europe et des États-Unis assistaient à cette conférence.

 

Étaient également présents des délégués de l'Union du Maghreb, de la Ligue arabe, de l'OTAN, des Nations unies et de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

15/11/2013