Saïd Laftit, Secrétaire Général de la CDG

Saïd Laftit, Secrétaire Général de la CDG (Caisse de Dépôt et de Gestion), revient pour le Soir Echos sur la stratégie de diversification entamée par la CDG dans le segment du tourisme ainsi que l’état d’avancement de certains chantiers et les ambitions du groupe.

Que représente le segment tourisme dans le chiffre d’affaires de la CDG ?

 Je n’ai pas de chiffres précis, mais je peux vous dire que nous sommes fortement impliqués dans le secteur du tourisme. Nous progressons beaucoup plus rapidement dans ce secteur que les autres secteurs. Je tiens à rappeler que nous sommes dans une configuration différente au niveau de ce segment pour ce qui est des objectifs d’investissements, puisqu’ils s’inscrivent dans le long terme.

La conjoncture difficile impacte-t-elle la rentabilité de vos investissements ?

 Il faut viser la rentabilité à long terme tout en regardant de très près les risques du secteur. Globalement, on s’y retrouve malgré la situation de crise. En effet, nous sommes dans une conjoncture difficile mais vu notre configuration longtermiste, il ne faudra pas s’arrêter devant des situations conjoncturelles. Il faut viser très loin et dans la durée, je peux vous dire que le tourisme reste un secteur très important pour nous et rentable.

En parlant de conjoncture difficile, l’un de vos projets phares, la station de Oued Chbika prend un important retard. Cette situation est due à quoi selon vous et peut-on parler d’un éventuel retrait de la CDG du projet ?

 Le projet de Oued Chbika ne s’est pas arrêté. Il a juste accusé du retard. Il faut savoir que Dans le cadre du projet de Oued Chbika, nous avons des partenaires égyptiens qui ont eu des difficultés à cause de la conjoncture actuelle. Malgré cela, je peux dire que ce projet demeure un très bon projet et j’espère qu’on va pouvoir respecter nos engagements par rapport à ce grand projet pour le pays. La CDG fera de tout son possible pour maintenir ce projet.

 

Et si on parlait de votre dernière actualité relative à l’OPA (Offre publique d’achat) du Club Med initiée par Axa Private Equity et le conglomérat chinois Fosun. Certains disent que stratégiquement, votre entrée dans le capital du Club Med est à oublier, car ça s’est avéré une mauvaise affaire pour vous…

 

 Écoutez, il y a eu une OPA qui a été faite et nous avons estimé que les conditions de cette OPA sont intéressantes. De ce fait, nous avons apporté nos participations à cette OPA. Maintenant, effectivement, on pourrait être dans des situations qui pourraient être très discutables de façon globale. Ceci-dit, en se basant sur l’offre et la situation du bilan de la CDG, nous ne pouvons qu’estimer l’intérêt de cette opération en apportant nos titres à l’OPA.

Mis à part cette opération et votre entrée dans le capital du Club Med, votre partenariat avec ce groupe a-t-il réellement été bénéfique pour la CDG ?

 Ce qu’il faut savoir, c’est que l’entrée de la CDG dans le capital de Club Med est une opération très récente, il y a de là environ 7 ans. Mais la relation avec Club Med est historique et date des années 70. Nous sommes beaucoup plus dans une logique de porteurs d’actifs et Club Med est locataire. Cette situation découle vers une rentabilité très intéressante pour la CDG.

Vous êtes présents dans le tourisme balnéaire dans le cadre du Plan Azur. Récemment, vous avez commencé à investir de nouveaux créneaux comme la valorisation des Kasbahs à travers vos participations dans la Société Marocaine de Valorisation des Kasbahs (SMVK). Peut-on parler d’un début de diversification dans le cadre de votre stratégie d’investissement ?

 La CDG est très présente dans le secteur touristique depuis longtemps, depuis les années 70 pour être précis. Nous avons un certain nombre de projets qui sont en développement et nous disposons d’une capacité litière très importante. Toutefois, notre exposition au secteur est très importante lorsqu’il s’agit du tourisme classique. Aujourd’hui, nous avons eu l’opportunité d’accompagner ce projet de valorisation des Kasbahs afin de diversifier nos investissements dans le secteur. C’est tout à fait naturel que la CDG soit présente dans ce projet. Pour répondre à votre question, je dirai qu’effectivement on cherche la diversification et on est dans une phase préliminaire de diversification. Il faut que nous continuons d’innover pour créer des produits nouveaux. Le balnéaire est aujourd’hui un produit classique. Nous devons miser sur nos avantages compétitives pour pourvoir proposer des produits spécifiques qui pourraient intéresser aussi bien le tourisme national que le tourisme international. Ainsi, il y aura un impact très positif sur le secteur et les activités de la CDG et ses investissements dans ce domaine, en particulier. Un dernier mot par rapport aux projets et ambitions de la CDG, ainsi qu’une précision sur les intentions de la CDG dans les télécommunications et une réponse aux rumeurs quant à votre intention d’entrer dans le capital de Maroc Telecom, alors que vous êtes déjà actionnaire dans Méditel… La CDG a plusieurs projets de développement. Nous continuons d’être un acteur de référence pour le développement territorial. Nous sommes également très présents dans le secteur banque assurances et enfin, nous continuons d’être un acteur important dans le tourisme. Pour Maroc Telecom, l’opération est en cours et la CDG est également actionnaire au niveau de Méditel et puis je vois mal la CDG actionnaire de Meditel et Maroc Telecom, à la fois.

Oued Chbika : la marina avance à 70 %

Suite aux dernières rumeurs selon lesquelles le projet de la station Oued Chbika serait arrêté, Mehdi El Almi, directeur développement au niveau du groupe égyptien Orascom, chargé du projet Oued Chbika, nous a apporté certains détails. « Le projet de Chbika est lié à la réussite de la composante hôtelière sur laquelle le groupe souhaite capitaliser avec dans un premier temps 1 000 chambres d’hôtels sur trois établissements dont un Melia et un Club Med. La composante hôtelière assurera les emplois et l’activité commerciale permettant de confirmer la destination. La partie immobilière se développera par la suite dans le but d’offrir une destination complète et intégrée. L’objectif ultime du Groupe est de permettre aux acheteurs de devenir résidents toute l’année à Chbika bénéficiant de toutes les infrastructures de loisirs et de vie nécessaires (école, commerce, besoins médicaux) », nous rappelle El Almi. Par rapport à l’état d’avancement du projet, le responsable d’Orascom précise que la marina est achevée à 70% « mais le projet n’a pu véritablement accélérer qu’en décembre 2012 car la maîtrise foncière n’a été achevée qu’à cette date grâce à la participation de tous les organismes de l’Etat et de nos partenaires », tient à rappeler notre source qui précise par ailleurs que la société Oued Chbika Development a investi 330 millions de dirhams dans le projet à ce jour. « Le projet de Chbika a une grande importance stratégique et tout les moyens indispensables sont mis en œuvre pour renchérir cette phase de travaux comprenant 1 000 chambres d’hôtels dans le sud du Royaume du Maroc », conclut El Almi. Pour rappel, Chbika est située à 400 km au Sud d’Agadir et à 250 km (voie maritime) des îles Canaries. La destination est actuellement desservie via l’aéroport de Tan-Tan situé à 35 km de Chbika par 5 vols hebdomadaires de la RAM Casablanca-Tan-Tan. Des vols internationaux vers l’aéroport de Tan-Tan seront également assurés à partir des principales capitales européennes lors de l’ouverture de la destination. Le programme de la 1ère phase de Chbika comprendra 3 hôtels, des résidences, une marina, un golf, une médina et des commerces.

 

 

05/08/2013