Les projets de la régionalisation avancée et de l'autonomie au Sahara marocain constituent non seulement une solution pour le conflit du Sahara, mais aussi un pas qui permettra de reconfigurer entièrement la région maghrébine et de s'orienter vers son intégration, a affirmé, samedi à Al Hoceima l'écrivain, critique et chercheur algérien, Said Elhadef.

 

Ces chantiers menés par le Maroc vont contribuer à la réhabilitation de la chose régionale, au développement du pays et à la promotion des régions, tel que c'est le cas dans beaucoup de pays démocratiques dans le monde, a ajouté M. Elhadef, qui intervenait dans le cadre d'un Colloque international sous le signe : "le Grand Maghreb, un développement commun pour un avenir uni".

 

"Quelles sont les raisons qui laissent les frontières entre l'Algérie et le Maroc fermées jusqu'à aujourd'hui et quelle est la relation entre la question du Sahara et la fermeture des frontières?", s'est interrogé le chercheur dans une intervention sur "la régionalisation et l'autonomie, solutions équitables pour la question du Sahara", relevant que la question du "Sahara n'est pas la seule problématique que vit la région".

 

Ces frontières terrestres constituent un obstacle pour la mobilité des citoyens des deux pays, et aussi une barrière pour les autres pays comme la Tunisie et la Libye, a ajouté M. Elhadef, notant qu'il n'y a pas de prétexte valable pour la fermeture des frontières et que certaines parties cherchent à empêcher toute union ou rapprochement entre les pays de la région.

 

Même son de cloche pour le président du Parti républicain maghrébin (Tunisie), Mohamed Boussiri Bouebdelli, qui a appelé au démantèlement des barrières douanières, et à favoriser la libre circulation des citoyens et des biens en vue de promouvoir les échanges économiques, scientifiques et culturels, soulignant qu'à l'ère de la mondialisation, les pays de la région n'ont pas d'autres choix que de s'inscrire dans leur contexte géographique maghrébin.

 

L'union maghrébine est un rêve chère à la population de la région qui ne devrait pas être encore reportée, a souligné M. Bouebdelli, soulignant que le contexte actuel incite à donner vie à ce projet pour faire face aux problèmes de l'emploi, des disparités sociales et des menaces de l'extrémisme et du terrorisme.

 

Il s'est félicité, par ailleurs, des dispositions importantes apportées par la constitution marocaine de juillet 2011, soulignant qu'il s'agit d'un pas très important vers la concrétisation de ce projet maghrébin dont il fait un choix stratégique.

 

De son côté, l'ancien secrétaire général du Conseil économique et social tunisien, Said Bahira, a souligné que l'Union du Maghreb s'inscrit dans "une continuité naturelle, historique, culturelle, religieuse, ethnique et géographique" que personne ne pourrait nier, notant que ce projet reste d'actualité notamment à l'ère des grands changements que connait la région.

 

Cette rencontre, initiée par la Ligue marocaine pour défendre l'intégrité territoriale, s'est déroulée en présence du Wali de la région Taza-Al Hoceima-Taounate, Mohamed El Hafi, du président du Conseil de la région, Mohamed Boudra, et de plusieurs responsables et acteurs associatifs.(MAP). 

 

02/06/2013