LA PROPOSITION MAROCAINE POUR LE SAHARA DÉBATTUE À LAHAYE

Les participants à un débat autour du conflit artificiel du Sahara organisé, dimanche à La Haye, ont mis en exergue la pertinence du projet d’autonomie pour les provinces du sud, proposé par le Maroc pour mettre fin au différend autour du Sahara marocain.

Le débat organisé par l’ONG marocaine Belle Event sur le thème « Le conflit du Sahara, entre solution réaliste et défis difficiles », a rassemblé des députés néerlandais et des universitaires marocains dans le but de clarifier certains faits et définir les tenants et aboutissements du conflit pour une meilleure approche du dossier, surtout du côté néerlandais.

Intervenant à cette occasion, l’universitaire Mohamed Ahmed Gain, a souligné que la question du Sahara marocain ne saurait être réduite au seul aspect des droits de l’homme, mais devrait être perçue dans son ensemble, ajoutant que le Maroc a réalisé un travail colossal dans ce cadre avec la création du Conseil national des droits de l’homme, tout en accordant l’importance requise aux droits culturels, économiques et sociaux de la population.

Au Maroc, qui s’est réconcilié avec son passé, il n’existe pas de violations systématiques des droits de l’homme, ni au Sahara ni dans le reste du Royaume, mais plutôt de profondes réformes tous azimuts, consolidées en 2011 par l’adoption de la nouvelle constitution, à l’opposé de son voisin algérien qui vit une véritable crise de démocratie, a-t-il martelé.

Après avoir rappelé que la proposition d’autonomie a été qualifiée par la communauté internationale de solution « juste et réaliste », Mohamed Gain a souligné que le Maroc est déterminé à mettre à exécution le projet d’autonomie élargie en 2015 pour consolider son processus démocratique et renforcer ses mécanisme régionaux.

Il a invité les députés néerlandais à faire une comparaison entre les conditions des réfugiés de Tindouf, sur le territoire algérien, et celles de leurs compatriotes au Sahara marocain, tout en s’interrogeant sur les raisons du refus du Polisario du recensement des réfugiés séquestrés qui vivent une situation inhumaine.

Il a, dans ce sens, attiré l’attention sur le cas d’Al Khalil Mohammed Mahmoud, porté disparu depuis son arrestation en 2011 par l’Algérie, et de la jeune sahraouie naturalisée espagnole, Mahjouba Hamidat détenue pendant des mois dans le camp de Tindouf, où elle était venue rendre visite à ses proches.

L’universitaire marocain a, par ailleurs, a mis en garde contre la menace terroriste qui guette la région avec la montée de certains mouvements extrémistes comme AQMI, plusieurs rapports internationaux ayant établi des liens entre ces réseaux et des éléments du Polisario.

Harrie van Bommel, député du parti socialiste (SP/opposition), a, pour sa part, émis l’espoir que le gouvernement néerlandais puisse jouer un rôle plus actif pour tenter de parvenir à une solution définitive mutuellement acceptable.

Au vu de la situation sécuritaire dans la région, le projet d’autonomie pourrait constituer « la mesure appropriée », a estimé le député néerlandais, soulignant, par ailleurs, la nécessité de mettre fin au calvaire des séquestrés sahraouis à Tindouf et éviter que ces derniers, désespérés, ne basculent dans la radicalisation et le terrorisme.

Van Bommel a ajouté que l’Algérie est impliquée dans le conflit et dans ce qui ce passe au sud marocain, estimant que la responsabilité d’Alger est engagée pour améliorer la situation des séquestrés de Tindouf et permettre à ceux qui le souhaitent de retourner dans leur pays.

Un point de vue partagé par la député de l’Appel Chrétien Démocrate (CDA/opposition), Myra Koomen qui a formé le vœu que le gouvernement, les députés et les journalistes néerlandais s’intéressent davantage à la réalité de ce conflit oublié, ajoutant que le documentaire « De Muur » (le Mur), réalisé par un journaliste hollandais et diffusé dernièrement par la télévision hollandaise, est une bonne initiative dans ce sens.

Mme Koomen a souligné que le projet d’autonomie proposé par le Maroc mérite suivi et intérêt, notant que la régionalisation basée sur la participation des habitants constitue l’avenir de l’Afrique, comme c’était le cas de par le passé pour l’Europe.

Pour sa part, Abdel Majid Saligane, enseignant et acteur associatif, est revenu sur le dernier discours du Roi à l’occasion du 39-ème anniversaire de la Marche verte, le qualifiant d’historique en ce sens qu’il a mis les points sur les « i » au sujet du conflit et défini les contours de la prochaine phase.

M. Saligane a souligné que 2015 sera l’année de la régionalisation avancée par excellence dans les provinces du sud, où la population sera en mesure de gérer ses affaires elle-même dans le cadre de la souveraineté marocaine.

24/11/2014