Un représentant d’un organisme international, en l’occurrence, le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) interrogé par une journaliste de l’APS qui lui souffle ses mots. Voilà le scénario typique d’une «interview-aveux » qui rappelle l’ère stalinienne. Plus scandaleux encore quand l’interview tourne au panégyrique du régime et de ses comparses.

La scène se déroulait visiblement à Alger dans les locaux de la représentation du HCR. Le thuriféraire de service s’appelle Hamdi Boukhari. Ses propos étaient outrageusement élogieux à l’égard d’un pays qui séquestre sur son propre territoire quelques centaines de citoyens marocains et les utilise comme monnaie d’échange, par polisario interposé, dans l’objectif de détourner l’attention de l’opinion publique internationale sur ses problèmes internes et prend ainsi en otage les peuples du Maghreb en leur faisant rater la chance d’une intégration régionale forte et prospère. Un pays pétrolier et gazier, qui demande l’aide internationale pour soulager les souffrances de ses hôtes !

Balbutiant au micro de son interlocutrice, le représentant du HCR défendait à tue-tête la toute dernière trouvaille algérienne, celle de réunir à Genève une conférence des donateurs pour «les réfugiés de Tindouf ».

 

«Le HCR veut lancer un appel d’urgence avec d’autres partenaires pour avoir un maximum de dons pour venir en aide à ces populations qui vivent dans une situation humanitaire difficile». Dixit ce fonctionnaire international, avant d’ajouter que «l’assistance fournie par les Algériens est inestimable et satisfaisante et le rôle du gouvernement algérien est capital, essentiel, déterminant…).

Oui Monsieur Boukhari, vous avez raison ! Le rôle du gouvernement algérien est capital… dans l’entretien de ce drame humanitaire, dans la persistance du conflit, dans le blocage de la situation.

 

Alger est effectivement responsable de la création du conflit artificiel autour du Sahara qui perdure depuis plus de quarante ans. C’est Alger qui sature l’agenda international par cette question, en finançant ses lobbyistes, en manipulant la justice européenne et les organisations internationales, en ameutant les adversaires du Royaume, sous le prétexte de défendre “le droit à l’autodétermination”, et en nourrissant le séparatisme.

Et puisque vous dites que l’aide internationale destinée à ces séquestrés a diminué, il sied de vous rappeler, Monsieur Boukhari, que c’est le HCR que vous représentez à Alger qui avait réduit ses aides et avant lui le PAM, en raison des irrégularités constatées dans leur gestion et du refus des autorités algériennes de procéder à un recensement des bénéficiaires.

En effet en 2005, le Programme alimentaire mondial (PAM) avait procédé à une mission d’inspection en Algérie qui avait révélé diverses irrégularités dans l’acheminement de l’aide humanitaire destinée à la population de Tindouf et décida de réduire sensiblement son aide qui était auparavant basée sur des estimations erronées du nombre des personnes dans les camps. Suite aux mêmes révélations, le HCR avait lui aussi réduit ses aides et exigé des autorités algériennes un recensement immédiat des populations de Tindouf.

Quelques années plus tard, un rapport de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) révèle au grand jour un détournement à grande échelle des aides humanitaires européennes par le polisario et l’Algérie.

Le rapport accablant de l’OLAF souligne, en effet, que des quantités diverses de l’assistance financée par la Commission européenne sont détournées de leurs destinataires depuis plusieurs années. Ce document précise que la distribution de l’aide alimentaire est planifiée sur la base des instructions établies par une cellule de coordination qui se réunit chaque mois à Alger.

L’enquête de l’OLAF n’en finit pas de surprendre. Elle révèle que des dirigeants du front polisario sont clairement visés comme étant à l’origine de ces détournements avec un soutien logistique et organisationnel de l’Algérie.

L’OLAF précise également dans son rapport que l’aide a été accordée sur la base de chiffres erronés, un recensement de la population n’ayant jamais été réalisé. L’Algérie refuse en effet de procéder au récemment des bénéficiaires de l’aide dans les camps de Tindouf, faisant fi des appels de la communauté internationale y compris ceux de l’ONU.

Le polisario fait également l’objet d’une plainte en Espagne pour fraude sur des fonds estimés à 20 millions d’euros et pour détournements massifs des aides destinées aux populations de Tindouf.

Cette fraude porte sur la manipulation des données relatives au nombre des bénéficiaires de l’aide dans les camps, le détournement de fonds et la vente de produits alimentaires dans des pays voisins.

Ce commerce à grande échelle s’est converti dans des domaines illicites (drogue, armes, traite des êtres humains) menaçant la région de crises sécuritaires et d’instabilité, exacerbés par le désespoir qui mine la jeunesse sahraouie dans les camps et le délitement du polisario et sa collusion avec les groupes terroristes.

La réunion annoncée pour le 12 juillet prochain à Genève fera-t-elle l’impasse sur ces vérités ?

22/06/2016