Des réseaux de trafic de drogue, à base tribale, se disputent violemment le contrôle de ce juteux marché à Laâyoune. Ils n’hésitent pas à utiliser des armes de feu pour se débarrasser de la concurrence. En témoigne, les graves incidents de la semaine dernière. Un réel défi pour les autorités marocaines.

La DGSN a annoncé, hier, l’arrestation de cinq individus présumés impliqués dans la confrontation armée entre deux bandes rivales de trafiquants de drogue qu’a connue la semaine dernière Laâyoune. Les suspects ont été placés en garde à vue, ajoute la même source. Ils appartiennent à deux puissantes tribus du Sahara à savoir les Rguibates et Laâroussiyyines.  

« L’enquête se poursuit. A l’origine de ces graves incidents, le contrôle du juteux marché du trafic de drogue et de la contrebande, notamment les cigarettes, entre la Mauritanie et certains pays de l’Afrique de l’Ouest comme la Gambie en direction du Sahara et des Iles Canaries », nous confie une source à Laâyoune.

Quand la réalité dépasse la fiction           

C'est probablement l’interception en plein océan Atlantique d’une embarcation de 900 kg de cannabis en direction des Iles Canaries par les hommes d’une des bandes rivales qui aurait été l'élément déclencheur. La riposte de la deuxième bande aura été d'une rare violence, donnant lieu à des scènes de film américain avec des hommes tirant des coups de feu depuis leurs 4x4, alors que d’autres munis de sabres attaquaient leurs adversaires. Le bilan officiel fait état de deux blessés graves et d’importants dégâts matériels.

 « La bataille avait pour scène l’avenue Smara de Laâyoune. Elle a duré plusieurs heures », ajoute notre source. L’utilisation des armes à feu révèlent les failles dans le dispositif sécuritaire mis en place par les services de sûreté pour empêcher l'entrée de ce genre d'armes dans la province.

Cette affaire montre que la menace de la stabilité au Sahara ne provient pas uniquement des seuls sympathisants du Polisario. Les réseaux de trafic de drogue et de contrebande peuvent être ausi déstabilisateurs que les quelques groupes de soutien au mouvement séparatiste.

 

03/05/2016