Le Maroc aborde l'échéance d'avril sur la reconduction de la MINURSO "avec sérénité" d'autant qu'elle intervient "à un moment où le Maroc continue à honorer ses engagements pour parvenir à une solution politique réaliste et définitive" à la question du Sahara, affirme le ministre délégué aux Affaires étrangères et à la Coopération, Youssef Amrani.

"Ce différend régional n'a que trop duré. Dans tous les cas, le Maroc réitère son engagement et sa détermination à Âœuvrer, de bonne foi, pour atteindre cet objectif", souligne M. Amrani dans un entretien à l'hebdomadaire Jeune Afrique dans sa dernière livraison. 

"De même et à la lumière des derniers développements dans la région, notamment sur le plan sécuritaire, le Maroc demeure convaincu de l'urgence d'avancer vers une solution de compromis", assure le ministre qui insiste également sur l'attachement du Royaume à "la mise en Âœuvre des dispositions des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l'ONU, y compris celles relatives au recensement des populations des camps de Tindouf dans la mesure où cette opération, une fois réalisée, permettra de répondre au double besoin de protection et de sécurité de ces populations".

Quant aux effets des événements dans la région du Sahel sur le dossier du Sahara, M. Amrani rappelle que le Maroc "s'efforce depuis des années à mettre en garde la communauté internationale contre les risques pesant sur la stabilité et la sécurité de la région du Sahel et du Sahara", notant que le Mali vient d'en connaître "les manifestations les plus brutales". 

"Cette crise douloureuse a également mis en évidence la collusion manifeste entre les groupes aux visées terroristes et séparatistes. Ne nous trompons pas, l'objectif premier de ces groupes était et demeure le démembrement d'un Etat africain, pour, in fine, déstabiliser l'ensemble de la région. Ils ont tenté de tirer profit de la faiblesse de la coopération régionale", soutient-il.

Aujourd'hui, relève-t-il, "un consensus émerge au niveau international sur la nécessité de favoriser toutes les initiatives politiques d'intégration, afin d'assurer l'homogénéité et les complémentarités évidentes de ces régions" et "c'est dans cet esprit que s'inscrit l'initiative marocaine d'autonomie".

Sur les enjeux de la coopération régionale, M. Amrani rappelle le discours de SM le Roi Mohammed VI adressé aux chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDAO), soulignant l'importance stratégique que le royaume accorde à ses relations avec l'Afrique de l'Ouest, sa solidarité agissante et sa volonté d'Âœuvrer pour la paix et la stabilité dans cette région.

Aujourd'hui, affirme le ministre, le Royaume estime que "seule une véritable coopération régionale permettra de répondre aux défis interconnectés dans la région" et soutient "l'action courageuse déployée par la CEDAO dans la gestion de la crise malienne".

A cet égard, il assure que le Maroc continuera, sur le plan diplomatique, à placer la situation au Mali parmi ses priorités: "Il appuiera la voix du Mali au Conseil de sécurité et partout ailleurs, notamment pour défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale".

Le Maroc a été, d'ailleurs, rappelle-t-il, parmi les premiers pays à accourir au chevet du Mali dans sa crise: "Dès le début, nous nous sommes préoccupés de la dimension humaine et humanitaire du conflit. Nous restons très attentifs à cela, et nous savons que beaucoup reste à faire pour un retour à la paix et à la stabilité". 

Par ailleurs, le Maroc "a assumé pleinement ses responsabilités en refondant, avec ses pairs, la Communauté des Etats Sahélo-sahariens (Cen-Sad) lors d'une réunion extraordinaire à Rabat, en juin 2012", assure M. Amrani, soulignant que le prochain sommet de la Cen-Sad aura lieu au Maroc.(MAP). 

17/03/2013