Sidi Saleh Daha, natif de la ville de Laâyoune et directeur à l'Agence pour la promotion et le développement des provinces du sud, a souligné devant la 4ème Commission de l'ONU à New York, "l'intérêt stratégique" qu'accordent les pouvoirs publics à la valorisation et à la protection des ressources du Sahara. Sidi Saleh Daha s'est félicité que les travaux de la commission de l'Assemblée générale de l'ONU "interviennent trois semaines seulement après la présentation dans les principales villes du Sahara marocain, des grandes lignes du nouveau modèle de développement" élaboré par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur instruction de SM le Roi Mohammed VI.

Ce nouveau modèle proposé par le CESE couvre les domaines économique, social, culturel, environnemental et de la gouvernance, a expliqué ce directeur en charge de la Coopération internationale et des Affaires économiques au sein de l'Agence du sud, au cours de son intervention devant la 4è commission de l’Assemblée générale de l’ONU, réunie du 7 au 11 octobre au siège des Nations-Unies. Largement discuté et soumis à la réflexion de tous les secteurs concernés par le développement de cette région (élus, ONG, départements sectoriels, opérateurs publics et privés), ce projet, une fois amendé et validé par tous les acteurs engagés, sera soumis dans quelques semaines pour approbation définitive et exécution sur le terrain au "profit des habitants de la région".

Ceci témoigne de "l'intérêt stratégique porté par les pouvoirs publics, en général, et l’Agence de développement du Sud en particulier, aux questions de valorisation et de protection des ressources naturelles du Sahara", a dit Sidi Saleh Daha.

Le CESE, a-t-il poursuivi, a souligné l’impérieuse nécessité de garantir un accès équitable aux ressources naturelles et leur répartition juste au profit des habitants de la région, de sauvegarder les processus environnementaux vulnérables, de protéger les ressources en eau, de développer les ressources nouvelles, telles que la production d’énergies renouvelables et l’édification de nouvelles villes écologiques.

Pour illustrer ses propos, il a mis en exergue "la recherche publique permanente d’équilibre entre les besoins de valorisation rationnelle des ressources et l’impératif de leur protection au profit des générations futures, conformément aux principes du développement durable", citant, en particulier, le secteur de l’eau, des phosphates, le potentiel halieutique et la lutte contre la désertification.

Ressource rare dans les territoires arides du Sahara, l’eau est au coeur des préoccupations des acteurs publics, sur fond d’importants investissements, qu’elle soit destinée à l’alimentation humaine, à l’irrigation ou à l’abreuvement du cheptel. Pourtant, a-t-il indiqué, étant donné que la région du Sahara repose sur une immense nappe phréatique d’eau douce et pour préserver cette richesse hydrique pour les générations montantes, le Maroc s’est vite orienté vers des ressources alternatives comme la déminéralisation et le dessalement d’eau de mer.

Cela, a-t-il dit, a nécessité un effort considérable tout au long de la chaîne de l’eau en mettant, notamment, en place des barrages et des lacs collinaires ainsi que des ouvrages de stockage, précisant que tous les centres urbains des provinces du Sud bénéficient d’alimentation en eau potable avec une qualité garantie par les laboratoires spécialisés.

"Aujourd’hui, le taux de raccordement à l’eau potable avoisine les 100 pc en milieu urbain", a ajouté le responsable de l’Agence du sud. Il a, de même, évoqué la stratégie de développement des énergies renouvelables, éolienne et photovoltaïque, dans laquelle s’est inscrit le Maroc, rappelant que le programme national solaire prévoit "cinq stations, parmi les plus grandes du monde, dont trois localisées dans cette région du Sahara".

Abordant les ressources en phosphates, il a rappelé à l’assistance composée notamment de représentants d'Etats membres de l’ONU, d’experts et universitaires, que les phosphates du Sahara représentent "moins de 2 pc des réserves du Maroc", précisant que la société "Phosboucraa, qui exploite les phosphates du Sahara, ne représente que 8 pc de la production nationale marocaine, mais assure des milliers d’emplois au profit des populations de cette région".

S’agissant de la ressource halieutique sur la côte atlantique, il a évoqué l’ambitieux programme "Halieutis", dans le cadre de la vision stratégique du Maroc à l’horizon 2020, mis en place pour mettre en valeur cette richesse et dont la conception vise "essentiellement à assurer la durabilité de cette ressource et une valorisation rationnelle, en tenant compte de son impact social sur la population locale". "Le prélèvement de la ressource s’inscrit dans le strict respect des recommandations de l’Institut national de la Recherche Halieutique (INRH)", a tenu à rappeler Sidi Saleh Daha.

Et de conclure que si l’objectif de ces programmes ambitieux est de "valoriser les richesses naturelles" de cette région du Maroc, le "souci majeur" des autorités publiques est "d’engager leurs recettes pour le développement de la région et mettre leurs bénéfices au profit des populations locales".(MAP).

10/10/2013