De Cara

"Rien ne pourrait justifier les crimes graves et les actes de barbaries" commis à l'encontre des victimes du démantèlement du camp Gdim Izik en 2010, a affirmé, lundi à Salé, M. Jean- Yves De Cara, professeur à la faculté de droit à l’université de Paris.

 

"Il y a une tendance à vouloir à faire de ce procès un procès politique, mais il faut toujours revenir à l’objet de cette affaire qui est criminel", a-t-il déclaré à la MAP, au terme de la 8è audience que tient la Chambre criminelle près l’annexe de la Cour d’Appel à Salé qui poursuit l’examen de ce dossier. 

 

Ce sont des "crimes graves", a-t-il renchéri, en jugeant "inacceptable" le fait d’égorger des membres des forces auxiliaires désarmés, d’écraser des personnes et de jeter des bombes incendiaires.

 

"Des personnes ont été traitées d’une manière absolument sauvage, barbare, et des actes atroces ont été commis qui sont des crimes graves", a-t-il ajouté, notant que "dans certaines juridictions internationales, on poursuit en des termes sévères quels que soient les motifs qui ont pu les inspirer".

 

Evoquant le déroulement du procès, M. De Cara a estimé que le président de la Cour "a une tâche difficile qu’il s’efforce de l’assurer avec beaucoup de maîtrise, en respectant les grands principes d’un procès juste et équitable", précisant que "même dans certains tribunaux européens ou ailleurs, les accusés ne peuvent pas jouir d’une telle liberté de propos et de formulation des demandes".

 

La Chambre criminelle près l'annexe de la Cour d'appel à Salé a poursuivi, lundi, l'interrogatoire du reste des accusés dans les événements du camp de Gdim Izik qui ont fait 11 morts et 70 blessés parmi les forces de l'ordre et quatre parmi les civils.

 

Les accusés sont poursuivis pour constitution de bandes criminelles et violences sur les forces de l’ordre ayant entraîné leur mort avec préméditation, mutilation de cadavres et complicité, conformément aux dispositions des articles 293,294, 297 du code de procédure pénale.

 

Le tribunal militaire de Rabat avait prononcé, le 17 février 2013, des peines allant de 20 ans de prison ferme, à la perpétuité contre les personnes impliquées dans cette affaire. 

 

Depuis son renvoi devant la Chambre criminelle près l'annexe de la Cour d'appel à Salé le 26 décembre 2016, le procès est suivi par plusieurs associations de défense des droits de l’homme, des ONG indépendantes nationales et internationales, des familles des victimes et des accusés, ainsi que par plusieurs médias nationaux et étrangers.

20/03/2017