Le roi du Maroc au Sommet Inde-Afrique malgré les pressions de l'Union africaine sur New Delhi

Le roi Mohammed VI, l’invité majeur du 3ème sommet Inde-Afrique qui s’ouvre aujourd’hui même à New Delhi est arrivé dimanche avec une forte délégation à l’aéroport Indira Ghandi où il a été reçu par le ministre d’Etat à l’Agriculture, Sanjeev Balyan. Premier des 54 chefs d’Etat à être arrivé dans la capitale indienne, le souverain s’entretiendra avec le président indien Pranab Mukherjee. Des ministres marocains rencontreront également en marge de ce sommet, leurs homologues indiens.

Une présence de premier plan du Maroc à laquelle l’Union africaine s’est fermement opposée. L’instance continentale a tenté de convaincre les autorités indiennes d’écarter Rabat de ce grand rendez-vous international sous prétexte qu'elle n’est pas un membre de l’UA et ce depuis le début des années 80.

En revanche, elle a insisté auprès du gouvernement du premier ministre Narendra Modi pour inviter le Polisario à la réunion. Deux requêtes rejetées par New Delhi, affirme un média local. Finalement, l’Inde a décidé d’inviter les 53 Etats du continent dûment reconnus par les Nations Unies. Le mouvement séparatiste n’en fait pas partie.

L’Inde renvoie l’ascenseur au Maroc sur le dossier du Cachemire

Ce double échec ne constitue pas une première pour les responsables de l’Union africaine. Il ne fait que confirmer le sort réservé à leurs précédentes tentatives visant à exclure le Maroc de rencontres internationales de ce niveau. En témoigne l’offensive diplomatique menée conjointement par l’Algérie et l’Afrique du sud afin d’écarter le Royaume du premier Sommet Europe-Afrique, tenu au Caire en 2000.

La décision de l’Inde a visiblement surpris l’Union africaine qui ne s’attendait pas à un tel rejet. Des raisons politiques président à ce choix. En agissant de la sorte, New Delhi ne fait que renvoyer l’ascenseur à Rabat qui avait usé de son influence auprès des membres de l’Organisation de la coopération islamique pour reporter sine die l’examen de la demande d'adhésion à l'OCI des rebelles musulmans de la partie de la province du Cachemire sous tutelle de l’Inde -alors que l'autre est contrôlée par le Pakistan-, explique le média indien. Une position en son temps saluée par l’Inde.

Les relations entre les deux pays étaient pourtant passées par une longue période de tension. En cause, la reconnaissance de la "RASD" en octobre 1985 avant un rétropédalage en 2000. Comme à son habitude dans pareil cas, Hassan II avait réagi par le rappel de son ambassadeur et la rupture unilatérale des relations diplomatiques. Une fois ce retrait de la république autoproclamée effectué, le roi Mohammed VI s’était rendu, en février 2001, en visite officielle en Inde.

Sommet Inde-Afrique

Le sommet Inde-Afrique se tient du 26 au 29 octobre. Il devrait permettre à l’Inde de développer la coopération sécuritaire avec les pays africains notamment la lutte contre le terrorisme mais aussi la pauvreté et l’analphabétisme.

A noter que ce sommet coïncide avec le cinquantenaire de l'Indian Technical and Economic Cooperation (ITEC), un programme à destination des pays africains leur permettant de renforcer leurs capacités dans les domaines où l’Inde détient une expertise.

26/10/2015