Les délégués de la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD) ont refermé mercredi 30 octobre une conférence de trois jours organisée à Rabat et consacrée à la sécurité, à la gouvernance et aux questions de développement.

Les participants ont souhaité que la sécurité soit renforcée dans la région. Ils ont expliqué que leur communauté, composée de vingt-huit États africains, doit agir comme une force de paix, de stabilité et de développement dans la région du Sahel-Sahara.

 

Le nouveau ministre marocain des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar a souligné que la région connaît de sérieux problèmes de sécurité qui menacent tous les pays qui la composent. Il a accusé les groupes terroristes transnationaux impliqués dans le crime organisé, le terrorisme et les différents trafics d'alimenter l’insécurité et l’extrémisme qui menacent les fondements mêmes des États.

Le ministre a ajouté que le retour de la paix et de l'ordre constitutionnel dans le nord du Mali ne signifie pas pour autant que les efforts de lutte doivent se relâcher.

 

"Les actes terroristes perpétrés au Mali, au Niger, au Kenya, en Égypte et en Tunisie montrent encore une fois la dangerosité et la fragilité de la situation dans la zone sahélo-saharienne. Cela rend urgent", estime-t-il, "l’institutionnalisation et la mise en œuvre d’un mécanisme de prévention et d’intervention efficace propre à la CEN-SAD."

 

Un point de vue partagé par le secrétaire général par intérim de la CEN-SAD, Ibrahim Sani, pour qui la promotion de la paix et de la sécurité est "le principal enjeu dans la région".

 

"C’est la raison pour laquelle les pays de la région accordent un intérêt particulier à ce dossier en vue d'aboutir au développement économique et social", ajoute-t-il.

 

Lors de leurs débats sur les problèmes affectant la région sahélo-saharienne, notamment ceux relatifs à la sécurité, à l'immigration clandestine et à la fuite des capitaux, les participants ont souligné le rôle important que peut jouer la CEN-SAD dans le développement durable de la région.

 

Ils ont également parlé de la relation étroite qui existe entre sécurité et développement économique et social.

 

Pour Mezouar, la politique de la Banque sahélo-saharienne pour l'investissement et le commerce (BSIC) doit être repensée afin d’accompagner les efforts de la Communauté dans le domaine du développement et sa relation avec les investisseurs potentiels dans cette région.

 

Pour y parvenir, le ministre marocain a demandé à l'organisation d'adopter une stratégie couvrant les pays les plus affectés par les questions de sécurité. "Cette stratégie devrait reposer sur des structures solides et structurées de la CEN-SAD, notamment, le Conseil Paix et Sécurité et le Conseil développement durable", a-t-il ajouté.

 

Les pays de la région n’ont pas le choix et doivent conjuguer leurs efforts afin de relever le grand défi de la sécurité et faire face aux menaces qui les guettent, a expliqué le politologue Jamal Farhane à Magharebia.

 

"Il est essentiel de mettre en place une stratégie commune définissant plusieurs axes dont le développement, qui passe par un renforcement de la coopération économique et commerciale", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il est nécessaire d’appréhender ensemble tous les problèmes sociaux, tels que celui de l’emploi des jeunes.

02/11/2013