L’Algérie “n’a pas réussi à faire fléchir la position française” en faveur du plan marocain d’autonomie, contrairement à l’interprétation erronée faite par les autorités algériennes du contenu de la déclaration commune ayant sanctionné la visite du Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault à Alger, a affirmé mercredi le Président du Centre Marocain des Etudes Stratégiques (CMES), Mohammed Benhammou.

“L’Algérie n’a certainement pas réussi à faire fléchir la position française qui reste constante et s’inscrit dans la logique de la politique étrangère de l’Etat français sur la question de l’intégrité territoriale du Maroc et son soutien au plan marocain d’autonomie”, a-t-il indiqué dans une déclaration à la MAP.

Au-delà de l’interprétation “erronée” du contenu de la déclaration commune par les autorités algériennes, le chercheur a estimé que “n’ayant pas abordé la question du Sahara d’une manière qui aille dans le sens que souhaite et cherche Alger”, les deux parties auraient convenu “d’éviter les questions qui fâchent”.

Rappelant que l’Algérie “ne rate aucune opportunité, aucune occasion, et même sans occasion, pour placer cette question comme un point essentiel de ses discussions et ses relations avec l’ensemble des acteurs” internationaux, M. Benhammou s’est dit convaincu que “le conflit que l’Algérie impose au Maroc concernant son intégrité territoriale et ses provinces de sud, devait certainement être évoquée lors de cette visite du Premier ministre français”, d’autant plus que ce différend “fait planer une grande incertitude sur l’ensemble de la région, dans une conjoncture régionale très complexe et très bouleversée”.

Rappelant que ce conflit a mis dans l’impasse l’avenir de l’édification du grand Maghreb, Benhammou a souligné que “la position algérienne nuit à toutes formes de coopération nécessaires aujourd’hui entre l’ensemble des pays de la région pour faire face aux défis qui se dressent devant les peuples, sociétés et Etats sur les plans économique, social et sécuritaire”.

Dans ce contexte, a-t-il dit, le fait que la France “ait une position claire sur la question et exprime, depuis toujours, son soutien à la proposition marocaine d’autonomie pour les provinces du Sud, agace l’Algérie qui a, à plusieurs reprises, qualifié la position française de pro-marocaine”.

Et de souligner que “le passé des relations franco-algériennes, très difficiles et douloureuses, vient compliquer davantage la situation”.

“L’Algérie a du mal à établir des relations qui ont un caractère de normalité avec la France. L’ère de la présence française en Algérie et de la guerre d’indépendance est toujours là”, a analysé M. Benhammou, qui a mis en avant “la grande fracture qui persiste entre la France et l’Algérie”.

Pour lui, “les Algériens ont du mal à construire un avenir avec la France d’une manière beaucoup plus sereine”.

Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal a indiqué, mercredi, que la position de la France est “claire et constante” au sujet de la question du Sahara.

Le Maroc a présenté en 2007 un plan d’autonomie pour le Sahara que la France considère comme une base sérieuse et crédible pour une solution négociée, a-t-il rappelé.

“Nous soutenons depuis longtemps la recherche d’une solution politique juste, durable et mutuellement agréée sous l’égide des Nations unies et conformément aux résolutions du conseil de sécurité”, a-t-il précisé lors du point de presse hebdomadaire.

Le conflit du Sahara dit “occidental”, rappelle-t-on, est un conflit imposé au Maroc par l’Algérie qui finance et qui héberge sur son territoire à Tindouf le mouvement séparatiste du Polisario.

Le Polisario soutenu par le pouvoir algérien revendique la création d’un Etat factice au Maghreb. Cette situation bloque tous les efforts de la communauté internationale pour une intégration économique et sécuritaire régionale.

19/12/2013