Sahara: Le Maroc a "déjà fait sa partie du chemin vers le compromis"

Le Maroc a "fait sa partie du chemin vers le compromis. Il reste aux autres parties de faire la leur en faisant preuve de réalisme, de pragmatisme, mais surtout d’une volonté politique réelle de régler ce différend", a dit l’ambassadeur devant la 4ème commission de l’ONU.

Cette initiative est "l’expression d’un compromis historique" en ce sens qu’elle "satisfait tous les paramètres" établis par le Conseil de sécurité des Nations Unies et consacre "l’approche gagnant-gagnant", a ajouté le diplomate.

"De notre part, cette volonté a été incorporée dans une initiative d’autonomie inédite, courageuse et perfectible", a fait observer M. Loulichki, regrettant que "de l’autre côté, l’on s’évertue à entretenir l’immobilisme, en maintenant des approches dogmatiques et maximalistes et à favoriser le statu quo, avec tout ce que cette attitude recèle comme risques pour l’ensemble des peuples de la région: risques d’instabilité, d’insécurité, de terrorisme et de séparatisme".

"C’est là, a-t-il dit, une lourde responsabilité devant les quatre autres peuples du Maghreb, mais surtout devant la population des camps de Tindouf, forcée de vivre dans des conditions inhumaines, dont la liberté et l’avenir se trouvent confisqués et à laquelle on s’obstine à refuser même le droit naturel et élémentaire d’être recensée". Et de souligner que le "voisinage a ses exigences, son éthique et ses commandements. On ne peut pas créer un différend, le porter diplomatiquement, financièrement et politiquement et se dérober à la responsabilité de contribuer à sa solution".

Il est "temps de choisir, il est temps d’assumer"

Pour l’ambassadeur, il est "paradoxal et donc insoutenable de discuter, d’argumenter et de négocier des cadres successifs de solution et se retrancher dans la position de simple observateur lorsqu’il s’agit de passer à l’action, à la négociation", estimant qu’il est "temps de choisir, il est temps d’assumer". Pour le Maroc, "il n’y a pas d’autre voie que le dialogue, l’ouverture et le compromis, surtout lorsque les défis extérieurs et les périls de notre voisinage commun nous interpellent". Des risques multiples, réels et avérés que le Secrétaire général des Nations Unies a "reconnus aussi bien dans ses rapports présentés au Conseil sur la question du Sahara que dans la Stratégie intégrée pour la région du Sahel" et a incité, a-t-il rappelé, les Etats de la région à coopérer au règlement des différends, conflits et autres crises qui entravent la stabilité et le développement des Etats voisins du Maghreb et du Sahel. Abordant les tentatives de la présidente de la commission de l’Union africaine de s’incruster dans ce dossier, l’ambassadeur a insisté, à l’adresse de ses pairs, que "l’ONU est l’unique autorité chargée d’impulser cette solution et d’accompagner les efforts des parties pour la dégager". Les "résolutions du Conseil de Sécurité sont suffisamment claires à cet égard", a-t-il dit.

De ce fait, a-t-il poursuivi, "nulle autre Organisation ne peut s’inviter dans ce processus, surtout lorsque, par son attitude, cette Organisation s’en est elle-même exclue depuis longtemps". Et d’ajouter : "n’en déplaise à ceux qui tentent de semer le doute dans les esprits en prétendant que des mesures auraient été prises pour ressusciter des décisions et approches révolues", ces faits sont contredits par les "retraits de reconnaissances de la part de plus du tiers (1/3) des pays africains", "démentis par la plupart de ceux qui ont pris la parole devant cette même commission" et enfin "inopposables au Maroc qui n’en est pas membre".

Le Royaume "continuera donc de faire confiance aux Nations Unies pour conduire, sans interférence aucune, le processus de recherche d’une solution politique, une solution qui respecte l’intégrité territoriale du Maroc et son unité nationale".