Lahcen Mahraoui, unioniste sahraoui, a lancé un pressant appel de paix, de réconciliation et d’espoir aux Sahraouis des camps de Tindouf les exhortant à mettre fin à 40 années de déchirure et de souffrance pour jouir du progrès économique et social et du respect des droits de l’Homme prévalant dans les provinces du sud du Royaume.
”A nos frères et sœurs sahraouis dans les camps du Polisario situés à Lahmada à Tindouf, l’une des régions les plus hostiles et enclavées d’Algérie, je lance un appel de paix, de réconciliation et d’espoir pour un avenir meilleur. 40 ans de déchirure, de séparation et de souffrance. C’est trop et ça suffit”, a-t-il lancé, dans un entretien accordé à MAP-Bruxelles à l’occasion du 40ème anniversaire de la Marche Verte.
”Si nos enfants sont nés et ont grandi dans leur patrie et sont convaincus de leur marocanité, vos enfants, sont nés et ont grandi dans des camps loin de chez eux et se trouvent aujourd’hui face à cette réalité de déchirure et de division avec des convictions qu’ils n’ont pas choisies”, a déploré M. Mahraoui.
Il a invité ses concitoyens sahraouis des camps de Tindouf à constater que durant ces quatre décennies beaucoup de choses ont changé au Maroc, mais (que) ”malheureusement rien n’a absolument changé dans votre triste quotidien”.
Faisant le bilan des réalisation accomplies dans les provinces du Sud depuis leur récupération grâce à la glorieuse Marche Verte, M . Mahraoui a fait remarquer que ”dans ce vaste territoire désertique laissé à l’abandon par le colonisateur espagnol, il a fallu tout construire et tout inventer pour vaincre les difficultés environnementales (chaleur, vent et désert), territoire, où les ressources naturelles immédiatement exploitables étaient particulièrement rares et où notre population nomade vivait essentiellement du pastoralisme”.
Il a rappelé à cet égard que dès 1976, le Maroc a mis en place toute une série de programmes d’urgence dotés de moyens colossaux pour résorber le retard de cette région en matière de développement. ”Tous les défis ont été relevés aujourd’hui : eau, électricité, et tous les moyens de communication sont fournis à tous et partout dans cette région qui est devenue un endroit où il fait bon vivre”. En outre, a-t-il poursuivi, tous les indicateurs du développement territorial et humain dans cette région ”sont aujourd’hui parmi les plus élevés du Maroc”.
Et de lancer encore à l’adresse de ses concitoyens des camps de Lahmada : ”En terme de gouvernance et de démocratie, ce sont bien vos cousins sahraouis qui sont à la tête de la plupart des administrations publiques et privées dans nos provinces du sud et se sont environ 3000 élus sahraouis qui nous représentent dans les différents conseils et assemblées à l’échelle locale, régionale et nationale”.
M. Mahraoui a ajouté que sur le plan des droits de l’Homme, les sahraouis ”bénéficient de l’ensemble de leurs droits”, faisant observer que le travail des délégations régionales du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) dans cette région est constamment loué par le Conseil de sécurité de l’ONU dans ses dernières résolutions relatives à la question du Sahara.
Il a, par la suite, dépeint les souffrances qu’endurent les sahraouis dans les camps de Tindouf depuis 40 ans et où les groupes séparatistes armés du Polisario ”ont confisqué tous leurs droits, leur dictent et imposent leurs lois, les manipulent et leur font subir toute forme de violences”.
”Les atteintes aux droits de l’Homme sont multiples et n’épargnent personne, même vos droits les plus élémentaires sont bafoués, tous les droits vous permettant de vivre dans la dignité ainsi que vos droits d’expression et de libre circulation”, a-t-il dénoncé.
M. Mahraoui a aussi évoqué la misère et la précarité qui s’accentuent dans les camps de Lahmada, de même que la sous-nutrition qui affecte femmes, enfants et personnes âgées, du fait en grande partie du détournement des aides internationales par les dirigeants du Polisario et leurs complices algériens, qui font de la misère des séquestrés un fond de commerce.
Et de s’interroger à l’adresse de ses concitoyens retenus malgré eux dans les camps de Tindouf : ”comment ose-t-on vous qualifier depuis 40 ans de réfugiés alors que vous ne bénéficiez ni des droits de réfugiés ni de carte de réfugiés ? Pire on vous refuse même d’être recensés et identifiés”.
Il a indiqué que sans l’implication directe de l’Etat algérien qui, depuis 40 ans, héberge, arme, finance, protège le Polisario, ”qui est le responsable de vos malheurs, de nos malheurs” et le soutient sur les plans logistique, administratif et diplomatique, le conflit régional autour du Sahara et les souffrances des Sahraouis des camps de Lahmada qui en résultent n’auraient pas autant perduré.
Les Sahraouis unionistes, a-t-il ajouté, sont attristés par la situation de leurs concitoyens séquestrés dans les camps de Tindouf, situation qu’ils ne cessent de dénoncer au CDH à Genève, à la 4ème commission de l’ONU à New York et partout dans le monde malgré les énormes moyens déployés par l’Etat algérien dans une propagande orchestrée par les responsables du Polisario visant à exploiter leur misère à des fins politiciennes et faire durer encore et encore leurs souffrances.
Il a souligné que pour mettre fin à ces souffrances, le Maroc a proposé la solution d’autonomie des provinces du sud, qu’il a qualifiée de ”la plus réaliste et la plus juste”.
”Nous considérons le Projet d’autonomie soutenu par la communauté internationale qui le qualifie de sérieux et crédible depuis que le Maroc l’a présenté à l’ONU en 2007 comme la solution la plus réaliste et la plus juste car elle renferme tous les ingrédients d’une paix durable, d’une réconciliation et d’un avenir meilleur”, a-t-il affirmé.
Il a signalé qu’avec ce projet, il n’y aura pas de perdant mais une avancée gagnant-gagnant. Grâce à ce projet, ”Nous pourrons, nous sahraouis retrouver notre autonomie et gérer nos propres affaires, le Maroc conservera sa souveraineté et tous les pays du Maghreb pourront enfin s’unir pour affronter tous les défis auxquels ils font face aujourd’hui dans un environnement régional très instable”, a-t-il dit.
Il a invité l’ensemble des Sahraouis à ”entrer dans l’histoire par la grande porte” et à ”ne pas rater cette opportunité” pour abréger les souffrances et ”créer les conditions de réconciliation, de la paix et d’un avenir maghrébin meilleur”.
M. Mahraoui a, d’autre part, souligné que les Sahraouis ”attendent avec beaucoup d’espoir” la mise en place de la régionalisation avancée dans les provinces du sud du Royaume, laquelle ”représentent pour eux une avancée démocratique très importante”. ”C’est là l’une des explications de leur engagement massif lors des dernières élections régionales et locales du mois de septembre dernier”, a-t-il expliqué.
”Avec la mise en application de la régionalisation avancée et le nouveau modèle de développement des provinces du sud, nos jeunes de la région vont certainement être au centre de cette dynamique qui va attirer de plus en plus d’investissements, contribuer à la création de plus d’emplois et poser les socles d’un avenir meilleur”.
Il a enfin émis l’espoir de voir la région du Sahara ”devenir un carrefour incontournable dans les échanges nord-sud et sud-sud” à la faveur de la stabilité, de la sécurité et de la bonne qualité des infrastructures dont elle bénéficie.

03/11/2015