François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, revient, dans un éditorial, sur la situation au Sahara et l'implication de l'Algérie dans ce dossier.

"L'Algérie finance, l'Algérie abrite, l'Algérie arme, l'Algérie soutient diplomatiquement le Polisario", c'est ce qu'avait déclaré le Roi Mohammed VI dans un message au Secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres afin d'attirer l'attention de la communauté internationale sur les derniers mouvements de troupes effectués par les miliciens du Polisario dans la zone tampon, en place depuis le cessez-le-feu de 1991.

"Ce que dit le Roi relève en effet de l’évidence: c’est sur le sol algérien que le Front Polisario, dont l’armement provient des arsenaux algériens ou transite par l’Algérie, est installé. Sans l’aide de l’État algérien, les camps de Tindouf ne pourraient pas subsister, et sans son appui diplomatique, la RASD ne siégerait pas à l’Union africaine", écrit François Soudan.

(...) "Et jamais l’actuel président de la RASD, Brahim Ghali, ancien de la Polícia Territorial espagnole, n’aurait pu succéder à Abdelaziz sans l’aval d’El Mouradia. La fiction d’une Algérie simple 'partie intéressée', au même titre que la Mauritanie, a donc, elle aussi, 'trop duré'. Il n’est que temps pour l’ONU de la reconnaître comme telle et de l’inviter à la table des négociations aux côtés de ses protégés du Polisario, sans l’obliger pour autant à renier ses convictions", note-t-il.

"Tant qu’on n’aura pas admis que l’affaire du Sahara est la conséquence, non la cause, du différend qui oppose les deux frères ennemis du Maghreb depuis le début des années 1960 et que l’un et l’autre n’auront pas enfin commencé à se parler, on continuera longtemps encore à jouer avec le feu.", conclut le directeur de la rédaction de Jeune Afrique.

18/04/2018