La stabilité du Maghreb et du Sahel tributaire de l’intégration régionale

La rencontre internationale sur la stabilité dans la région du Sahel et du Maghreb s’est clôturée mardi dernier par la création du Groupe citoyen 33. D’après Mme Bouchra Rahmouni Benhida, professeur à l’Université Hassan 1er et porte-parole de ce groupe, il s’agit d’une plateforme d’échange devant permettre aux participants à cet événement de pérenniser leur coordination et leur action commune. «Cette initiative est importante à plus d’un titre : sa création au Maroc témoigne en quelque sorte du rôle que joue notre pays au niveau régional et continental. Cette initiative est importante également parce qu’elle contribuera à faciliter la mise en œuvre des recommandations élaborées dans le cadre de cette rencontre», souligne Mme Rahmouni Benhida. La nouvelle plateforme servira, en effet, de forum virtuel à travers lequel les participants ainsi regroupés maintiendront le contact et l’échange. Les 33 membres pourront également échanger les études citoyennes menées sur les problématiques du Sahel et du Maghreb ainsi que les pistes de solutions à explorer. Les organisateurs des prochaines rencontres pourront également consulter ce Groupe sur les thèmes, les objectifs et les contenus à aborder à l’avenir.
Par ailleurs, les différentes réflexions émanant tant des jeunes, des femmes que des experts ayant pris part à cette rencontre ont débouché sur un ensemble de recommandations dont la prise en compte pourrait s’avérer déterminante pour la restauration de la paix et de la stabilité, et le développement socioéconomique de la région sahélienne. «Si les différentes interventions sont teintées de la vision et de l’analyse spécifique de chaque participant, il n’en demeure pas moins qu’elles mettent pour l’essentiel l’accent sur des facteurs clés, susceptibles d’assurer un avenir meilleur aux pays de la région et de leurs ressortissants», souligne Mme Rahmouni Benhida. À ce titre, l’ensemble des recommandations insiste sur la nécessité pour les pays de la région de promouvoir une intégration régionale poussée permettant une meilleure prise en considération des problèmes économiques, politiques et sociaux ainsi que la «solidarisation» des intérêts des différentes parties et l’accroissement des capacités d’échange et du pouvoir contractuel. Les participants recommandent également la mise en avant du rapport intergénérationnel dans la résolution des conflits tout en insistant sur le rôle et les responsabilités de chacune des tranches d’âge considérées. Et ce parallèlement au renforcement des capacités et des rôles des magistrats, de la police, des forces de sécurité et de la société civile, pour une meilleure connaissance des textes internationaux et une implication effective dans la lutte contre le terrorisme.
En outre, les membres du Groupe citoyen 33 (GC 33) préconisent la création d’un espace de développement économique et social à même de garantir des opportunités aux populations. Ils soulignent également la nécessité de promouvoir la bonne gouvernance et de réformer voire de reconstruire l’État dans certains pays de la région.
La femme a été par ailleurs au cœur des préoccupations du GC 33. Les membres de cette nouvelle plateforme ont recommandé à cet égard la promotion et le renforcement du leadership des femmes en favorisant notamment leur participation effective aux organes de décision. Ils ont appelé aussi au renforcement des capacités des femmes en matière de médiation et de résolution des conflits.

Cadrage général
La rencontre sur la stabilité dans le Sahel et le Maghreb, qui s’est tenue les 16 et 17 juin à Rabat, est le premier événement du genre à avoir réuni des intervenants de différentes tranches d’âge. Organisée à l’initiative de l’Université Hassan 1er, le think tank Association marocaine d'intelligence économique, le Centre stratégique pour la sécurité au Sahel Sahara ainsi que l’Institut international de la paix, cette rencontre a en effet rassemblé des femmes, des jeunes, des ainés et des représentants du monde de l’entreprise provenant de cinq pays du Sahel et de cinq pays du Maghreb, afin que chacun apporte sa vision sur les problèmes qui affectent les deux régions et propose des recommandations sur les rôles que peuvent jouer les parties prenantes pour jeter les bases d’un avenir meilleur.

20/06/2014