Le sud marocain est l’un des deux coins du grand Sahara où les Occidentaux peuvent s’aventurer sans risquer l’enlévement

Le sud marocain est l’un des deux coins du grand Sahara où les Occidentaux peuvent s’aventurer sans risquer l’enlévement

Après avoir supplanté l’Egypte en 2013, le Maroc s’apprête à talonner l’Afrique du Sud (9,6 millions de touristes en 2013) en 2014 et devenir de ce fait la première destination touristique africaine selon RFI.

Le Maroc prévoit, selon la radio Française, d’accueillir 10,7 millions de touristes en 2014, pour des recettes de 61 milliards de dirhams (5,4 milliards d’euros), soit 3 millions de plus qu’e n 2010. Le tout, sans avoir besoin de casser les prix, alors que la Tunisie et l’Egypte cassent les prix, sans retrouver les niveaux de fréquentation d’avant leurs révolutions.

Les ingrédients qui ont permis au Maroc de réussir cette poussée du tourisme sont au nombre de trois selon RFI, à savoir la qualité de l’accueil, la diversité de l’offre et les efforts de promotion du pays, sans oublier qu’il bénéficie d’une aubaine en rapport avec la conjoncture régionale survenue à la suite des « printemps Arabe ».

La Tunisie a recensé 7,3 millions de visiteurs étrangers en 2013 (contre 6,9 millions en 2010), mais les chiffres sont trompeurs. Sur les arrivées de 2013 figurent 2,9 millions d’Européens, 1,6 million de Tunisiens vivant à l’étranger et pas moins de 3,2 millions de Maghrébins – des statistiques qui prennent désormais en compte l’afflux de réfugiés libyens… L’Egypte, elle, a vu les arrivées de touristes chuter de 40 % entre 2010 et 2013, tombant de 15 à 9 millions de personnes. Les attentats dans le Sinaï et les émeutes au Caire ont encore fait plonger de 43 % les revenus du tourisme au premier trimestre 2014, selon les autorités

La France reste le principal marché émetteur pour le Maroc (35% des arrivées et 28 % des nuitées en 2013). Un nouveau phénomène est observé sur les routes du Maroc, selon RFI, avec ces retraités français qui se déplacent à travers le pays en camping-cars. Ils représentent pas moins de 13% des arrivées selon l’Observatoire du tourisme marocain (OTM).

Marrakech, Agadir, Fès et Rabat sont aussi en vogue chez les Italiens, les Allemands et les Britanniques, dont les arrivées ont connu des hausses respectives de 15 %, 13 % et 12 % en 2013, contre seulement 4 % pour les Français et les Espagnols selon le ministère du Tourisme. De son côté, le marché intérieur représente 30 % des nuitées.

L’une des clés de ce succès tient à la stabilité politique du pays et la sécurité dont jouissent les touristes. Le sud marocain est devenu, avec Tozeur en Tunisie, le seul coin de Sahara où les Occidentaux peuvent encore s’aventurer sans prendre le risque d’être enlevés ou tués par les terroristes d’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). La Mauritanie, le Mali et la Libye, jadis fréquentés par les randonneurs, ne sont plus des options depuis une bonne dizaine d’années…

Le taux de retour est élevé, puisque 12 % des visiteurs étrangers ont déjà fait au moins un séjour au Maroc par le passé.

Le tourisme représente un pilier de l’économie marocaine (7,5 % du PIB). Pour pérenniser ces acquis et réaliser sa vision 2020, le Maroc est à l’œuvre pour augmenter sa capacité d’accueil de 200 000 lits, mais aussi construire de grands projets. Une « Cité des loisirs » est en chantier à Agadir, un « Resort du désert » à Dakhla et un parc thématique « Culture du Maroc » à Marrakech selon la radio Française qui bénéficie d’un taux d’écoute élevé dans les pays francophone.