La surveillance des droits de l'Homme au Sahara, "une instrumentalisation aucunement justifiable"

L'appel de Human Rights Watch (HRW) à l'élargissement du mandat de la Minurso pour englober la surveillance des droits de l'Homme au Sahara, "est une instrumentalisation qui n'est aucunement justifiable puisqu'une multitude d'organisations nationales et internationales opérant librement dans les provinces du sud n'ont relevé aucune violation grave des droits humains", a indiqué le président du Centre marocain des études stratégiques (CMES), Mohamed Benhamou.

"Là où HRW pose la mauvaise question et apporte la mauvaise réponse, c'est quand elle évoque la surveillance régulière de la situation des droits humains et la publication d'informations à ce sujet", a-t-il dit dans une déclaration à la MAP, en réaction au dernier rapport de HRW sur la situation dans les camps de Tindouf, rendu public samedi à Alger.

"Dans le souci d'un équilibre entre les partis, il semble que HRW a cherché à faire des concessions, en incluant des passages flous et imprécis" concernant le Maroc, a déploré le président du CMES.

Cette organisation a évoqué "l'existence de cas d'abus" dans les provinces du sud et des exagérations de certaines parties, alors que "dans la pratique du pouvoir dans les démocraties les plus anciennes, des cas d'abus peuvent exister, ce qui n'entache en rien le respect et la protection des droits de l'Homme", a précisé M Benhamou.

Et d'ajouter que ces cas peuvent être répertoriés et qualifiés comme des abus dans l'exercice du pouvoir et "non une pratique systématique restrictive de l'exercice des droits humains".

Ainsi, "on ne peut tirer des conclusions hâtives et arrêter des positions générales sur des cas isolés réels ou virtuels, surtout que le rapport a fait référence à "des exagérations de la part de certaines parties", a-t-il soutenu.

Et le professeur Benhammou de conclure que "c'est dans les camps de Tindouf, cette zone de non droit, où la dignité humaine et les droits humains sont bafoués à huis-clos". "Il y a donc urgence d'une surveillance par l'ONU de la situation des droits de l'Homme dans ces camps", a-t-il insisté.

06/11/2014