Après la guerre des sables de 1963, l’armée nationale populaire a affronté à deux reprises les Forces armées royales, alors que l’Algérie a toujours clamé à l’ONU que son pays n’était pas impliqué dans le conflit du Sahara. Selon le capitaine Najab, ces épisodes qui ont débouché sur des défaites algériennes, expliquent la rancune de ses généraux à l’égard d’un pays dont l'armée les a toujours battus.

Quelques mois après le déclenchement de la Marche Verte, eut lieu, le 27 janvier 1976, une 1ère bataille entre les armées marocaine et algérienne à Amgala, située dans une oasis proche de la Mauritanie. Deux semaines plus tard (le 14 février 1976), s'était déclenchée une deuxième et dernière confrontation entre les deux antagonistes qui tourna de nouveau à l’avantage des Forces Armées Royales.

 

Joint par Médias24, le capitaine Ali Najab de l’armée de l’air, emprisonné en 1978 et pendant près de 20 ans par le polisario, revient sur les circonstances de ces batailles qui, selon lui, apportent la preuve objective que l’Algérie a toujours soutenu militairement les sécessionnistes, malgré ses dénégations.

 

"Lors de la première confrontation où nous avons mené un raid éclair contre cette position algérienne dans le Sahara marocain, les FAR ont fait prisonniers 106 militaires algériens et tué près de 400 autres dans leur camp. Alors que l’on s’attendait à entrer en confrontation avec des éléments du polisario, on s’est retrouvé face à un ennemi uniquement algérien.

 

"Pour comprendre la situation, il faut rappeler qu’avant la Marche Verte et l’entrée de notre armée dans les provinces du sud, l’Algérie a envoyé plusieurs bataillons s’installer partout au Sahara pour rassembler les populations civiles (bédouins, éleveurs ..), les acheminer à Tindouf et les présenter à l’ONU comme des réfugiés ayant fui les forces marocaines.

 

"Sous la supervision du général Dlimi qui commandait la zone sud, les FAR ont donc décidé de neutraliser le camp d’Amgala qui était occupé. Les combats qui ont duré 36 heures nous ont permis de le récupérer. Après s’être retiré, le bataillon algérien défait est revenu, 15 jours après, avec le renfort de deux autres bataillons pour nous attaquer dans ce que l’histoire appellera la 2ème bataille d’Amgala.

 

"Dans un 1er temps, nous avons été malmenés et 35 de nos hommes ont été faits prisonniers car on ne s’attendait pas à cette contre-offensive surprise, décidée par le président Boumediene. Grâce à nos chasseurs F5 et Fouga Magister, nous les avons boutés définitivement d’Amgala après 36 heures de raids aériens", explique celui qui commandait un détachement de 10 avions basés à Laâyoune.

 

Selon lui, ces deux batailles prouvent que même avant le début du conflit du Sahara, l’Algérie avait délibérément choisi de remettre en question l’intégrité territoriale du Maroc, avec un engagement militaire qui laissera place à une aide logistique au polisario, afin de ne plus être accusé d’être partie prenante dans le conflit qu’elle a contribué à créer puis à alimenter.

 

"Ce pays ne peut pas se dérober devant ses responsabilités car les premiers coups de feu que les FAR ont essuyés étaient d’origine algérienne et pas du polisario. De plus, avant ces deux batailles, l’ANP a attaqué un fort mauritanien situé sur la frontière, et quand nous sommes intervenus, ses militaires ont abattu un de nos F5 puis capturé son pilote.

 

"Plus tard, ce dernier, qui deviendra mon codétenu à Tindouf, m’a confié qu’il avait été torturé pour dire à la radio qu’il avait été emprisonné ailleurs, à Tifariti. Le but des Algériens était de prouver qu’ils avaient intervenu pour secourir les populations sahraouies bombardées par l’aviation marocaine," conclut le capitaine qui ajoute que personne ne peut réécrire l’histoire.

 

Ci-après, le récit de la 1ère bataille d’Amgala par le général Dlimi:

07/11/2017