Tindouf: Accrochage entre deux unités des services du Polisario

Accusant une patrouille appartenant à une autre «wilaya» d’empiéter sur sa zone de compétence, une unité mobile des services du Polisario l’intercepte et un accrochage éclate entre les deux parties. Inédit.

Pour une première, c’en est vraiment une! Jamais depuis la création du Polisario en 1973 la coordination entre les services de sécurité n’aura été désastreuse. Preuve en est l’incident qui vient d’éclater entre deux patrouilles appartenant à deux soi-disant «wilayas» de Tindouf.

L’incident, dévoilé par le site Al Mostakbal Sahraoui, dans son édition de ce lundi 31 août, a failli tourner à l’échange de coups de feu.
Pour la petite histoire, une patrouille relevant de ladite « wilaya d’El Aun » est entrée sans crier gare dans une autre nommée «Aousserd», en violation d’une «instruction» émise par le soi-disant «ministre sahraoui de l’Intérieur», enjoignant aux différents services d’aviser préalablement la dénommée «cellule sécuritaire» (département de tutelle) au cas où une unité voudrait entrer dans une «wilaya» relevant de la compétence territoriale d’un autre service.

Faisant fi de cette « instruction », la patrouille venant du camp dit «El Aun» a pénétré dans celle d’ «Aousserd», défiant les appels de la tour de contrôle qui a demandé du renfort pour tenter d’en dissuader les «intrus».

S’ensuit alors une course-poursuite et la patrouille «intruse» a été interceptée, toujours selon Al Mostakbal Sahraoui, au beau milieu de la route reliant lesdites «wilayas».

Des agressions verbales fusent de part et d’autre et c’est «à peine si les deux parties adverses n’en sont pas venues aux mains» ou, pire encore, à l’échange de coups de feu.

Comme le rapportait Le360, dans son édition du 28 août, les services de sécurité du Polisario refusent d’appliquer une «instruction» du soi-disant «ministre sahraoui de l’Intérieur», le dénommé Hama Salama, leur interdisant d’opérer en dehors des «wilayas» relevant de leurs compétences.

Ce qui constitue clairement une fronde sans précédent contre le département de tutelle et, par extension, le secrétariat général du Polisario à Rabouni.

Ce bras de fer intervient alors que les services de sécurité sahraouis sont accusés de tisser des relations interlopes avec les trafiquants d’armes, de drogue et de voitures volées, essaimant toute la région sahélo-saharienne.

31/08/2015