Les relations entre le chef du Polisario et son ancien allié, Mohamed Ould El Bouhali, longtemps «ministre de la Défense», sont extrêmement tendues. Au cœur de leurs divergences, le contrôle des activités de la contrebande. Craignant des débordements, Alger a dépêché un général à la retraite à Tindouf.

 

Les camps de Tindouf vivent à l’heure d’une crise ouverte entre l’actuel chef du Polisario et Mohamed Ould El Bouhali, l’ancien «ministre de la Défense». «Les divergences entre les deux ex-alliés sont criantes au point que le parrain algérien a dépêché sur place un général à la retraite», nous confie une source au Sahara.

 

Une mission de sapeur-pompier afin d’éviter que la tension ne vire en sanglants affrontements entre les partisans d’El Ghali et ceux d’El Bouhali. Si le premier peut compter sur l’appui de sa tribu les Rguibates, le deuxième a le soutien des sahraouis ayant la nationalité algérienne. Une composante qui dominait le Polisario sous les longues années du «règne» de Mohamed Abdelaziz.

 

Le contrôle de la contrebande au cœur de toutes les convoitises

 

«Au cœur de la dispute, des raisons financières plus que des considérations d’égos personnels», explique la même source. Et de préciser que Brahim Ghali et les siens veulent mettre la main sur des activités de la contrebande.

 

«Pour ce faire, le chef a placé en décembre ses fidèles à la tête des régions militaires. Une opération qui a également affecté la 6e (région militaire, ndlr). Or celle-ci est réputée, jusqu’au là, tenue par les hommes d’El Bouhali et du coup permettait à l’"ex-ministre de la Défense" de contrôler la contrebande et les trafics de drogue et d’armes et les millions de dollars qu’ils génèrent. Ce qui lui a permis d’être l’une des fortunes des camps de Tindouf au même titre que de proches de Mohamed Abdelaziz.»

 

Reste à savoir si la mission du général algérien à la retraite, une vielle connaissance de Brahim Ghali et d’El Bouhali, contribuera-t-elle à un retour au calme dans les camps de Tindouf ?

 

En principe, l’actuel chef du Polisario n’a pas besoin d’ouvrir un front avec quelqu’un qui a ses entrées dans le DRS et de surcroît est un ressortissant algérien ayant servi dans les rangs de l’armée du voisin de l’Est avant qu’il soit envoyé, dans les années 70, dans les camps afin d’organiser les milices du mouvement séparatiste.

22/02/2017