Le Polisario choie ses chefs militaire en leur offrant des 4x4 neufs . Une distribution qui ne vise pas la reprise des armes contre le Maroc mais plutôt à des impératifs internes. Comme à l'accoutumée, elle est annonciatrice de la tenue d'un prochain congrès du Front. Une manière pour le clan Abdelaziz de prolonger son bail au pouvoir pour quelques années supplémentaires.

Le Polisario vient d’acquérir une quarantaine de véhicules de type Toyota, conçus pour le transport mais ils peuvent servir également dans les combats. La direction du Front a consacré pour chacune de ses six régions militaires trois 4x4 en plus d’une réservée exclusivement au commandant.

Mohamed Abdelaziz n’a pas été oublié dans cette opération. Il hérite de bolides de la même marque pour ses différents trajets dans les camps de Tindouf. A priori, cette nouvelle acquisition cadre parfaitement avec les menaces proférées, tambour battant, au lendemain de l’adoption de la dernière résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental, visant à reprendre les armes contre les forces marocaines. Néanmoins, des voix dans les camps avancent une autre explication à ce cadeau financé par le parrain algérien.

Une pratique courante

Cette distribution a pour objectif de prolonger de quelques années supplémentaires le pouvoir de Mohamed Abdelaziz, à la tête du Polisario depuis 1976. Un record. Elle fait partie de manœuvres auxquelles se livre le chef du Front à l’approche de chaque échéance du congrès du Polisario. Il s’agit donc d’une pratique courante à même de lui permettre de gagner davantage de voix.

Les mêmes voix affirment que les pick-up destinés initialement au lancement d’opérations militaires et au transport des hommes de troupes, se transforment souvent en véhicules personnels pour quelques nantis et leurs proches. Ils servent également aux activités commerciales entre les camps et la Mauritanie ou dans des opérations de détournements de quantités de carburants des régions militaires vers le même marché.

Une politique favorisant l’économie de rente qui permet à la direction de satisfaire certaines revendications de notabilités tribales en échange de leurs loyautés. Néanmoins, la jeunesse sahraouie dans les camps se montre de plus en plus critique face aux méthodes de gouvernance de la direction du front. 

24/07/2014