Tirs de l'armée algérienne à la frontière: une tentative de détourner l'attention de la situation "chaotique" dans les camps de Tindouf (M. Benhammou)

Les tirs de l'armée algérienne sur des civils marocains à la frontière reflètent l'état de "fébrilité" du régime algérien qui cherche ainsi à détourner l'attention de la communauté internationale de la situation "chaotique" des droits de l'Homme dans les camps de Tindouf, a souligné le président du Centre marocain des études stratégiques (CMES), Mohamed Benhammou.
Cette nouvelle provocation fait suite notamment à la publication du dernier rapport de Human Rights Watch (HRW) sur la situation des droits de l'Homme dans les camps de Tindouf, lequel "a épinglé et le polisario et l'Algérie pour les atteintes aux droits humains" perpétrées dans cette zone, tout en mentionnant la responsabilité de l'Algérie en la matière, en tant que pays d'accueil des camps de Tindouf et soutien principal de l'entité séparatiste, a relevé M. Benhammou dans une déclaration à la MAP.
Il s'agit aussi, a-t-il ajouté, d'une tentative désespérée des autorités algériennes de détourner les regards des problèmes internes dans lesquels le pays se débat, en particulier l'impasse politique actuelle, la crise économique et le chômage qui frappe les jeunes. Ce sombre tableau a installé un sentiment de frustration et d'indignation qui gagne de larges franges de la société algérienne et qui n'a pas épargné la police, dont des centaines d'éléments ont organisé, récemment, une manifestation de protestation à Alger, a noté le directeur du CMES, voyant là "un indicateur de l'état de grande fébrilité" dont pâtit le régime algérien.
Face à cette situation intenable, Alger cherche désespérément une échappatoire en essayant, par tous les moyens, de provoquer des incidents pour pousser vers plus de tension avec le Maroc qu'elle considère comme un "ennemi idéal" et masquer son image réelle, celle d'un régime irrespectueux des droits de l'Homme et irresponsable dans ses relations avec le voisinage, a-t-il analysé.
Le Maroc, qui agit toujours en tant qu'Etat responsable, sage et respectueux des relations de bon voisinage, se trouve à chaque fois harcelé par les "agissements irresponsables" de l'Algérie, a souligné M. Benhammou, faisant observer qu'il ne s'agit pas du premier incident du genre et que des civils marocains sont, de temps à autre, victimes de multiples provocations de la part de l'armée algérienne.
S'agissant de la séquestration de la jeune sahraouie Mahjouba Mohamed Hamdidaf par le polisario dans les camps de Tindouf, l'expert a relevé qu'il s'agit d'une nouvelle illustration des violations des droits de l'Homme et des atteintes à la liberté et à la dignité humaines dont Alger fait sa ligne de conduite. Et de constater que le drame de la jeune sahraouie a suscité de nombreuses réactions de par le monde qui ont dévoilé "le visage hideux" du polisario et favorisé une prise de conscience de la situation humanitaire "chaotique" dans les camps de Tindouf.
M. Benhammou a toutefois estimé que ces réactions "ne sont pas à la hauteur de l'horreur et de la gravité des violations des droits de l'Homme commises par le polisario dans les camps de Tindouf où la torture, la séquestration voire les assassinats sont pratiqués à huis clos et à grande échelle".

19/10/2014