Tractations serrées autour du pré-rapport de Ban Ki-moon

 Après avoir été retardé d’une semaine, le pré-rapport du SG des Nations-Unies Ban Ki-moon sur la Minurso est discuté par les diplomates onusiens. “Il n’y a pas de progrès notable“, selon un diplomate du Conseil de sécurité (CS).

 

“Il y a toujours un affrontement“ entre l’ONU et Rabat “et pas de progrès notables“, selon ce diplomate onusien, dont les propos sont rapportés par l’AFP. 

 

Le défi, selon le diplomate, est de trouver comment faire pour que le “Maroc et ses alliés“, allusion à la France selon l’AFP, ne perçoivent pas ce rapport comme une “escalade“. «Cela ne laisse pas beaucoup de marge de manœuvre», souligne-t-il.

 

Progrès difficiles

 

Jeudi 14 avril à New York, le porte-parole du SG de l’ONU Stéphane Dujarric, avait confirmé lors de son point de presse que le Maroc avait reçu une copie du pré-rapport. «Nous consultons les différentes parties au sujet des rapports» a-t-il indiqué.

 

A un journaliste qui lui faisait remarquer que cela revenait à donner une copie du pré-rapport au Maroc et «à lui demander de proposer des amendements», Dujarric a indiqué: «Le rapport est le rapport du secrétaire général. Toute décision relative à ce qui peut être dans ou hors du rapport sera celle du secrétaire général».

 

A l’entrée en vigueur du cessez-le-feu au Sahara depuis 1991 sous la supervision de la Minurso correspond la présentation annuelle au mois d’avril d’un rapport sur la mission et les activités de la Minurso par le secrétaire général. Ce rapport est attendu pour le vendredi 29 avril prochain.

 

Les propos de Ban Ki-moon sur «l’occupation» du Sahara  et la visite à Bir Lahlou en mars dernier, ont amené le Maroc à demander le départ de plus de 70 membres civils de la Minurso et le déplacement d’un poste d’observation militaire de Dakhla à Aousserd, plus à l’est.

 

Autonomie et régionalisation

 

Jeudi 14 avril, dans une lettre envoyée à Ban Ki-moon, Mohamed Abdelaziz chef du polisario, a demandé au Conseil de sécurité d’exercer «une pression réelle et directe» sur le Maroc, en permettant à la Minurso de reprendre son travail. Dans sa lettre, Abdelaziz a menacé de reprendre les armes. Des observateurs estiment aujourd’hui que «les efforts de médiation de l’ONU sont durablement dans l’impasse».

 

En mars dernier, le Conseil de sécurité avait souhaité que la Minurso «puisse recommencer à travailler pleinement». Après les propos de Ban Ki-moon tenus à Tindouf et représentant une menace pour l’intégrité territoriale du Maroc, puis les louanges faites à la diplomatie algérienne le 6 mars dernier à Alger, le Maroc et d’autres parties mettent en doute la neutralité du secrétaire général de l’ONU sur ce dossier. 

 

Depuis 2007, Rabat propose un plan d’autonomie pour le Sahara, partiellement entré en vigueur avec le nouveau découpage régional du royaume, adopté en 2015.

 

Outre la coopération de Rabat sur le travail de la Minurso au Sahara et la participation des soldats marocains à diverses opérations de maintien de la paix de l’ONU, le Maroc abrite la COP22 en novembre prochain à Marrakech, une conférence dont les Nations-Unies sont l’acteur-clé.

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