Les forces de l’ordre sont intervenues au sud du poste-frontière de Guergarat pour endiguer le passage d’une cargaison d’armes vers le Maroc. Ces armes devaient servir dans des actions armées ordonnées par le Polisario.

 

Une cargaison d’armes en chemin vers le Maroc aurait incité les forces de l’ordre à intervenir, il y a quelques jours, dans le no man’s land de Kandahar, situé entre Guergarat et le Nord de la Mauritanie. Cette intervention a été initiée suite aux rapports des services de renseignement qui ont fait état d’un imminent passage d’armes acheminées par des trafiquants s’activant dans la zone sahélo-saharienne non contrôlée, vers les provinces du Sud, rapporte le quotidien Assabah dans son édition du mercredi 24 août. Ces armes, affirme la même source, devaient servir dans des actions armées téléguidées par le Polisario.

 

Les mêmes rapports, ajoute le journal, suggèrent l’équipement du détachement militaire en faction au mur de sécurité en moyens de surveillance, de contrôle et de défense pour détecter et contrer d’éventuelles attaques à l’arme chimique et biologique. Cela au moment où il est quasiment certain que les réseaux de trafic en tous genres, qui pullulent dans la zone sahélo-saharienne, détiennent également des armes non-conventionnelles. Et pour contrer l’éventualité de les faire entrer au Maroc ou d’en faire usage contre lui, les services de sécurité marocains coopèrent étroitement avec leurs homologues mauritaniens pour assainir définitivement cette zone. Il s’agit ainsi, tout d’abord, de construire une route, projet actuellement en cours, reliant le poste-frontière de Guergarat au territoire mauritanien. Un passage frontalier qu’il s’agira ensuite de sécuriser et de contrôler avec des moyens de surveillance sophistiqués pour éviter qu’il ne soit utilisé par des milices proches du Polisario.

 

Bien sûr, cette action n’a pas manqué d’irriter les responsables du mouvement séparatiste qui ont aussitôt saisi la MINURSO à propos d’une prétendue activité de l’armée marocaine au-delà du mur de sécurité. La réaction de la Mission onusienne ne s’est pas fait attendre. En effet, son porte-parole a  nié l’existence de toute activité de ce genre dans la zone.    

 

Dans le même sens, un rapport de l’Institut d’études britannique TechNavio a déjà mis en garde les pays de la région quant au risque d’attaques terroristes. L’organisme a ainsi appelé le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie à prendre les dispositions nécessaires.

 

Pour sa part, l’ancien responsable de sécurité du Polisario, Mustapha Salama Ould Sidi Mouloud, a affirmé que le Maroc s’était montré très ferme en prenant en main la situation dans cette zone. Le royaume a commencé par ratisser la zone, note-t-il, avant d’entreprendre de construire une route sur quatre kilomètres pour, ensuite, la sécuriser par des fils barbelés, un système de surveillance et une présence effective de ses forces de l’ordre. En agissant ainsi, affirme ce réfugié installé sur le territoire mauritanien, le Maroc réduit les espoirs du Polisario de reprendre une éventuelle lutte armée depuis cette zone. En même temps, et en assurant un contrôle effectif de la zone, le Maroc prive définitivement les séparatistes de toute possibilité d’accéder à l’Océan atlantique, affirme encore cet ancien responsable sécuritaire du Front.

 

A noter que l’intervention des forces de l’ordre marocaines dans la zone dite de «Kandahar» a été initiée en concertation avec la Mauritanie et l’ONU. Cette dernière n’y a pas trouvé à redire quand elle a été informée des risques de voir cette région transformée en zone de conflit contrôlée par les réseaux de trafic d’armes. 

24/08/2016