Des sources bien informées dans les camps de Tindouf révèlent que le trafic de drogue et d’alcool fait des ravages dans les camps de Tindouf. A preuve, les milices du Polisario sont parvenues à démanteler plusieurs réseaux de trafiquants de drogue qui seraient également spécialisés dans la distillation de boissons alcoolisées.
Ainsi, les miliciens du camp d’Aouesred auraient-ils mis aux arrêts les propriétaires d’une unité industrielle spécialisée dans la fabrication et la distribution de boissons alcoolisées. Les inculpés auraient produit durant les huit derniers mois des boissons alcoolisées et commercialisé toutes sortes de drogues. Du matériel de distillation dont des alambics et d’importantes quantités de comprimés psychotropes et de seringues auraient été saisis, lors d’une descente.
Des observateurs locaux indiquent que les milices du Polisario semblent, néanmoins, laisser faire, pour ne pas dire encourager ces trafiquants afin de plonger la jeunesse dans le monde de l’alcool, de la dépravation, de la prostitution et de la drogue, notamment dans les établissements scolaires de musique ou de cinéma, et ce en vue de les éloigner de la politique et des revendications qui en découlent. Bien qu’informés de l’existence de ces réseaux, depuis longtemps, les miliciens ne seraient pas intervenus si les familles ne s’étaient soulevées contre les jeunes alcooliques devenus dangereux et menaçants pour la sécurité des habitants des camps.
Ce phénomène, jusque-là étranger aux mœurs sahraouies, semble jouir, si ce n’est de l’encouragement, du moins de la tolérance des responsables du Polisario. Lesquels semblent ne plus savoir où donner de la tête vu la multiplication des actions revendicatives et des retours des familles sahraouies à la mère-partie ainsi que le refus de ceux qui s’y sont rendus dans le cadre des échanges de visites familiales de retourner dans les camps de Tindouf. Ce qui menace sérieusement la poursuite de ce programme, mené depuis 2004 sous l’égide du HCR, selon des sources bien informées proches de la direction du Polisario.
Les responsables du Front craignent une intensification des défections. Pratiquement chaque voyage vers nos provinces sahariennes se solde par des désistements, ce qui exacerbe le climat de fronde prévalant parmi les jeunes dans les camps de Tindouf, ajoutent les mêmes sources qui précisent que les dissidents ne craignent plus d’afficher publiquement leur soutien au Plan marocain d’autonomie au Sahara, à l’instar du mouvement Attaghyr (changement). Ce laisser-aller de la part des services sécuritaires du Polisario à l’endroit du trafic de drogue et d’alcool ne peut qu’être voulu. Car il n’aurait pu échapper au nouveau tour de vis sécuritaire déployé à l’intérieur et autour des camps par les services de renseignements militaires algériens. Mais étant dans l’incapacité de continuer à fermer les yeux après que plusieurs imams ont dénoncé ce phénomène, les lieutenants de Abdelaziz ont voulu prouver leur bonne volonté en démantelant ce réseau qui ne saura tarder à réapparaître dans un autre camp et avec de nouveaux acteurs protégés par la nomenklatura séparatiste ou par ses parrains algériens.

14/05/2014