Après les Saoudiens, c’est les Turcs qui portent un intérêt particulier aux opportunités d’investissement au Sahara. Une délégation conduite par le président du conseil des investisseurs turcs a visité Laâyoune et compte se rendre à Dakhla. Ce déplacement traduit le soutien du président d’Erdogan à la position du royaume sur la question du Sahara.

Une délégation de décideurs économiques turcs s’est rendue, hier, dans la capitale du Sahara, une première. Conduite par le président du conseil des investisseurs turcs, la mission s’est réunie, dans un premier temps, avec le wali de Laâyoune, Bouchaâb Yahdih (un ancien haut cadre du Polisario rentré au Maroc, ndlr). Ensuite, elle s'est entretenue avec le président de la région Laâyoune-Saguia El Hamra, Sidi Hamdi Oueld Errchid issu des rangs de l’Istiqlal.

 

Les Marocains ont présenté à leurs interlocuteurs les opportunités d’investissements dans la région. Les Turcs sont particulièrement intéressés par les secteurs du bâtiment, du tourisme, des routes, des énergies renouvelables et de l’industrie agro-alimentaire.

 

Erdogan appuie la position marocaine sur la question du Sahara

 

Il est prévu que les Turcs effectuent, dans les semaines à venir, un autre déplacement dans la capitale du Sahara en vue de sceller des partenariats avec des parties marocaines. Le programme de la délégation turque compte également un passage par Daklha. Cette escale aura pour but de faire de la prospection dans une région qui se développe à grande vitesse.

 

Cette visite des milieux d’affaire d’Ankara traduit le soutien du président Erdogan à la position du Maroc sur la question du Sahara. Cet appui n’a pas pâti de certaines tensions politiques passagères entre les deux pays survenues en 2012 et en 2013. Actuellement, les relations sont plutôt bonnes. Les contacts entre le roi Mohammed VI et Erdogan sont fréquents. Le royaume et la Turquie font, par ailleurs, partie d’un axe d’Etats islamiques sunnites comprenant également l’Arabie Saoudite et le Qatar, opposé à l’hégémonie de l’Iran.

 

La visite des décideurs turcs au Sahara intervient seulement trois mois après l’arrivée à Laâyoune et Dakhla d’une mission d’investisseurs en provenance d’Arabie Saoudite. Le Maroc tente de convaincre ses partenaires stratégiques, essentiellement les pays du Golfe et la Turquie, d’investir au Sahara. Une autre expression de leur appui politique au royaume sur ce dossier.

12/05/2016