Eli Hadzhieva, spécialiste des affaires européennes, veut prendre partie en faveur du Maroc au sein de l’Union européenne. Elle est revenue sur la décision de la Cour de justice de l’UE, concernant l’accord de pêche établi avec le royaume.

La juriste et fondatrice de l’ONG «Dialogue pour l’Europe», basée à Bruxelles, Eli Hadzhieva a affirmé que «le soutien de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) au Polisario», légitimerait les revendications séparatistes en Catalogne, rapporte le quotidien espagnol ABC.

Se référant à l’accord de pêche établi entre le Maroc et l’UE, Eli Hadzhieva, également ancienne attachée parlementaire au Parlement européen, estime que la décision de la CJUE pourrait provoquer «un effet domino en Wallonie ou en Catalogne, ce qui mettrait en danger la stabilité de l’UE».

Le 27 février, la CJUE a estimé que l’inclusion de la région disputée du Sahara dans cet accord de pêche enfreignait le droit international. Le magistrat Wathelet a considéré, en septembre 2016, que «le Sahara occidental ne faisait pas partie du territoire du Maroc». Par conséquent, «ni l’accord d’association UE-Maroc, ni l’accord de libéralisation ne lui sont applicables». Deux mois plus tard, la CJUE a rejeté l’accord agricole entre Rabat et Bruxelles.

Dans ce sens, Hadzhieva explique que la CJUE n’a jamais examiné «les questions préjudiciables sur les accords internationaux signés par l’UE jusqu’à présent». Elle affirme que le conseiller général de la Cour, Melchior Wathelet, s’est positionné «de manière surprenante» du côté du Polisario, au moment où «l’UE doit être prudente avec ses théories judiciaires sur le Sahara qui affaibliraient le Maroc, pays garant de la stabilité en Afrique du Nord.»

Un allié régional stratégique

La juriste souligne que «66% du budget social de l’UE consacré à la coopération dans le secteur de la pêche reste au Sahara». Selon elle, «cela représenterait environ 35 millions d’euros par an», d’autant plus que «chaque euro investi dans l’accord de pêche crée une valeur ajoutée de 2,78 euros sur des marchés, tels que l’Espagne.»

De lourdes conséquences économiques donc, mais aussi sociales et politiques, car «le Maroc pourrait se sentir isolé et serait moins coopérant sur les questions de sécurité aux frontières avec l’UE, menacées par des groupes extrémistes au Sahel et en Afrique du Nord», ajoute-elle.

Outre la question sécuritaire, Eli rappel que le Maroc est un allié pour l’Europe tant pour les questions «de migration, de développement, de lutte contre la radicalisation, de coopération économique et commerciale que pour les relations avec l’Union africaine».

Eli Hadzhieva finit en enfonçant le clou : «En 1976, lorsque l’Espagne s’est retiré du Sahara, conformément à l’Accord de Madrid, il n’y avait pas d’Etat Sahraoui.»

15/03/2018