Dans un message au roi Mohammed VI, à l'occasion du 29e anniversaire de la création de l'Union du Maghreb arabe, le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a réaffirmé au souverain l'attachement de son pays à la redynamisation de la construction maghrébine. Décryptage.

Le président Bouteflika veut une redynamisation de l'Union du Maghreb arabe. C'est ce qui ressort de son message au roi Mohammed VI, à l'occasion du 29e anniversaire de la création de l'UMA. L'Algérie est "constamment attachée à l'Union du Maghreb arabe en tant que choix stratégique et revendication populaire", a-t-il affirmé, marquant sa volonté de "redynamiser les institutions et structures de l'UMA pour défendre les intérêts communs, relever les défis croissants et répondre aux attentes et aspirations des peuples maghrébins à davantage d'unité, de complémentarité et d'intégrité".

 

Il va, paraît-il, falloir penser quelque chose de ce voeu. Or, question: Bouteflika peut-il nous expliquer comment il peut escompter une redynamisation de l'UMA tout en maintenant fermée (depuis 1994) la frontière terrestre avec le Maroc?

 

La plaisanterie

Au-delà des vœux pieux, il y a des chiffres qui ne trompent pas. "Alors que le commerce intra-régional s’élève à 10% entre les pays de la CEDEAO, et à 19% entre les pays de la SADEC, il stagne à moins de 3% entre les pays du Maghreb", avait affirmé le roi Mohammed VI, dans son discours historique devant les chefs d'Etat et de gouvernement africains, à l'occasion du 28e Sommet de l'Union Africaine qui s'est tenu le 28 novembre dernier.
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Il en ressort que l’UMA est «la région la moins intégrée du continent africain, sinon de toute la planète», avait regretté le souverain. Les pays du Maghreb sont à un niveau de coopération économique «très faible», au moment où la Communauté économique d’Afrique de l’Est avance dans des projets d’intégration ambitieux, et que la CEDEAO offre un espace fiable de libre circulation des personnes, des biens et des capitaux.

 

Autant de signaux qui, comme l'a souligné le roi Mohammed VI, donnent à penser que "la flamme de l'Union du Maghreb arabe s'est éteinte". Et si les membres de l’UMA n’agissent pas et prennent exemple sur les sous-régions africaines voisines, «l’UMA se dissoudra dans son incapacité chronique à rencontrer les ambitions du Traité de Marrakech, qui lui a donné naissance il y a 28 ans».

 

18/02/2018