L’Egypte est dans le viseur de certains médias et analystes marocains pour ne pas avoir signé la motion demandant la suspension de la « RASD » des instances de l’Union africaine. Face à la vague de critiques en provenance du royaume, la diplomatie du Caire se devait d’expliquer sa position. C'est désormais chose faite.

L’Egypte ne figure pas dans la liste des signataires de la motion réclamant de l’Union africaine la suspension de la « RASD ». Au Maroc, certains médias ont vite saisi l’opportunité pour tirer à boulets rouges sur le pays des pharaons et au passage régler de vieux comptes en suspens avec le régime d’Al Sissi sur le dos de la question du Sahara. Ces critiques ont contraint la diplomatie égyptienne à réagir pour expliquer sa position.

Dans des déclarations à une chaîne locale, Al Ghad, un haut diplomate, a précisé que son pays n’avait pas refusé de signer la motion présentée par le président gabonais, Ali Bongo. Il a également souligné que l’Egypte tenait d'abord à consolider les liens entre les membres de l’organisation panafricaine. Il s’agit là d’un « rôle historique » qu’elle assume depuis fort longtemps, a-t-il ajouté.

Le Caire a été d’un grand soutien à Rabat lors sa crise avec Ban Ki-moon

L’ambassadeur Abdelfattah Ragheb, membre du conseil supérieur des Affaires étrangères, a rappelé que les autorités marocaines sont conscientes de l’importance de la mission du Caire au sein de l’Union africaine. Ces propos annoncent-il une éventuelle médiation égyptienne entre le royaume et le reste des Etats pro-Polisario ?

Le diplomate a, par ailleurs, rejeté les affirmations de médias marocains classant son pays dans la même catégorie que la Tunisie, la Mauritanie ou encore le Niger. Ces Etats ont tous refusé d’apposer leur signature sur la lettre des 28 chefs d'Etats réclamant la suspension de la « RASD ». Il a ainsi voulu signifier que l’Egypte n’était pas sous l’influence de l’Algérie comme c’est le cas notamment pour Tunis et Nouakchott.

Mais à vouloir tirer trop vite sur l’Egypte, certains médias et analystes marocains ont la mémoire courte. En mars et en avril, le Caire a en effet fortement plaidé -au Conseil de sécurité en tant que membre non-permanent- la cause du royaume lors de sa grande crise avec le secrétaire général des Nations Unies et son allié américain. Et Rabat aura encore besoin de l’appui égyptien à l’occasion du briefing de Ban Ki-moon, prévu le 26 juillet, sur l’état d’avancement des négociations sur le retour des agents de la composante civile et politique de la Minurso, expulsés par le Maroc en mars, conformément à la résolution 2285.

22/07/2016