Zuma & Ghali

Face à l’accueil favorable de la demande d’adhésion du Maroc à l’UA, Pretoria prend la tête d’un front pour bloquer tout amendement de la Charte de l’Union africaine. Et pourtant l’article 32 de l’Acte constitutif est clair là-dessus, il autorise tout membre de l’organisation à soumettre des propositions.

Le président de l’Afrique du sud a déroulé le tapis rouge au chef du Polisario. Sur les traces de la tribune de sa ministre des Affaires étrangères, Maite Nkoana-Mashabane, Jacob Zuma a qualifié la présence marocaine au Sahara d’ « occupation », indique un communiqué de la présidence.

Le chef de l’Etat s’est dit opposé à toute modification de la Charte de l’Union africaine. Une position destinée à rassurer la direction du Front, soucieuse des conséquences de l’adhésion du royaume à l’Union africaine.

Si Pretoria et Alger acceptent progressivement l'inéluctabilité d'une intégration du Maroc au sein de l’organisation panafricaine, les deux alliés tentent par tous les moyens de limiter les dégâts. Garder le Polisario en tant que membre de l’UA est désormais le principal objectif de l’Algérie et de l’Afrique sud.

La Charte permet une révision des statuts de l’UA

La position exprimée par Zuma est identique à celle du Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Fin juillet, il confiait à la presse que « si le Maroc souhaite adhérer à l’UA sans condition, l’Algérie n’y voit aucun problème, mais il y a des procédures à suivre. Il ne faut pas oublier que la RASD est un membre fondateur de l’Union africaine ». Une crainte exprimée relative à une éventuelle stratégie du Maroc qui, une fois membre de l'UA, pourrait demander un changement des statuts. 

L’alinéa 1 de l’article de l’Acte constitutif de l’UA annonce que « tout Etat membre peut soumettre des propositions d’amendement ou de révision du présent Acte ». Des initiatives examinées dans « un délai d’un an » par la « Conférence de l’Union, sur avis du Conseil exécutif », précise l’alinéa 2.

Ces modifications « sont adoptés par la Conférence de l’Union par consensus ou, à défaut, à la majorité des deux tiers, et soumis à la ratification de tous les Etats membres, conformément à leurs procédures constitutionnelles respectives. Les amendements ou révisions entrent en vigueur trente (30) jours après le dépôt, auprès du Président de la Commission exécutive, des instruments de ratification par les deux tiers des Etats membres », conclut l’alinéa 4 de l’article 32. 

 

09/01/2017