En matière de financement de l’Union africaine, deux constats s’imposent. Le premier est que l’UA est une organisation qui vit de l'aide internationale. Par exemple pour le budget 2016, qui est de 416 millions de dollars, les membres devaient supporter quelque 169,83 millions de dollars, soit 40,82%. Les 247 millions de dollars, soit 60% restants, devaient être apportés par les partenaires internationaux de l’Union africaine, notamment l’Union européenne, les Etats-Unis, le Japon, etc. C’est ce que l’on peut lire dans le rapport annuel (disponible ici) de l’Union africaine produit régulièrement par… la Nouvelle Zélande. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est ce pays qui s’est proposé pour la production du rapport annuel de l’UA, comme il le fait, par ailleurs pour les Nations unies, depuis bien longtemps.

 

L’autre constat est que les 40,82% dévolus aux Etats membres, sont répartis de manière particulière. Depuis juin 2015, l’Assemblée a adopté une nouvelle méthode de répartition basée sur trois "Tiers", un anglicisme qui signifie une partie parmi trois. Le Tier 1 -prononcer "tier one"- est constitué des pays dont le PIB est supérieur à 4% du total africain, lesquels doivent supporter 60% de la contribution de tous les membres de l’Union Africaine. Dans ce premier Tier, on retrouve cinq pays que sont  effectivement l’Algérie, le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Egypte et l’Angola, devant donc supporter chacun 12% du budget global. Il y avait aussi la Libye qui faisait bien parti de ce lot de contributeurs. Cependant, depuis la crise de 2011, elle est sorti de ce club fermé. Le fait est que l’ensemble de ces pays sont plus ou moins des soutiens déclarés du Polisario.

 

Concrètement, pour le budget 2016, les cinq gros contributeurs supportent quelque 101,58 millions de dollars, soit 24,27%, près du quart du budget total. Ce qui revient à un peu plus de 20 millions de dollars chacun. Les 49 autres membres de l’Union africaine ne doivent plus supporter que 65 millions de dollars, soit à peine 1,33 million de dollars. Malheureusement, peu de ces pays sont à jour.

 

En effet, "sur les 54 pays membres de l’Union africaine, seuls 19 pays sont à jour de leurs cotisations respectives", affirmait tantôt Djeneba Diarra,  Secrétaire générale de la Commission de l'UA, que Le360 Afrique a tenté de joindre vainement. De même, malgré ses promesses, la cellule communication de l’Union africaine ne nous a fourni aucune réponse sur les questions concernant les détails du financement.

 

Quoi qu'il en soit, l'Union africaine fait actuellement face à un terrible besoin d'assurer son propre financement. En 2015, elle a adopté de nouveaux objectifs consistant à financer grâce aux cotisations des membres 100% de son budget de fonctionnement, 75% du budget des programmes de l'Union et 25% du budget de maintien de la paix. C'est pourquoi Donald Kaberuka a proposé en juillet dernier d'adopter une taxe de 0,2% sur les importations africaines. Cela devrait représenter jusqu'à 1,2 milliard de dollars, c'est-à-dire assez pour que l'organisation africaine se passe enfin de l'aide internationale. 

21/11/2016