A trois jours du 28e Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement africains, prévu les 30 et 31 janvier à Addis-Abeba en Ethiopie, Pretoria multiplie les tentatives pour au moins repousser le retour du Maroc au sein de l'Union africaine. Mode opératoire.

 

Si les conditions du retour du Maroc au sein de l'Union africaine sont largement remplies, comme en atteste le quota requis pour que le royaume regagne sa place naturelle au sein de cette structure continentale, -quarante pays membres de l'UA ayant exprimé officiellement leur appui à ce retour-, ce n'est pas de cet oeil que  l'Afrique du Sud, pour ne pas parler d'Alger qui mène le bal des quelques pays d'Afrique australe hostiles, veut le voir. "L'Afrique du Sud multiplie les tentatives pour, au moins, repousser l'admission très attendue du royaume du Maroc au sein de l'Union africaine", certifie l'Institut des études sécuritaires (ISS, basé à Pretoria), par la voix de sa consultante Liesl Louw-Vaudran.

 

Pour l’Afrique du Sud, "la simple majorité n’est nécessaire que pour inscrire la demande du retour du Maroc sur l’ordre du jour du sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement, relève l’analyste, très proche des cercles du pouvoir à Pretoria, dans une déclaration à l'agence de presse marocaine.

 

Les tentatives dilatoires orchestrées par la présidente sud-africaine de la Commission de l'UA, depuis que le roi Mohammed VI a émis officiellement la volonté du Maroc de réintégrer l'UA, lors du 27e Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement (juillet à Kigali, Rwanda), ont pourtant été légion. Elles ont d'ailleurs été vivement condamnées par le Maroc, comme en témoigne l'appel téléphonique du roi Mohammed VI au président tchadien Idriss Déby Itno, président en exercice de l'UA, au sujet des manoeuvres de Nkosazana Dlamini-Zuma, destinées à retarder la distribution de la demande marocaine aux pays membres de l'UA.

 

Six mois se sont donc écoulés depuis que le Maroc a exprimé sa volonté de réintégrer l'organisation panafricaine et la partie adverse -Alger, Pretoria et assimilés- qui ne veut rien savoir, oeuvre toujours pour retarder ce retour tant espéré.

Pourquoi retarder ce retour dès lors que le Maroc a rempli les conditions telles que fixées par l'Acte constitutif de l'UA, adopté en conseil des ministres et ratifié par le Parlement marocain? Pourquoi renvoyer le vote pour ce retour marocain dès lors que le quota requis par le même Acte constitutif de l'UA a été atteint, voire dépassé? Il suffirait en effet de l'approbation de 37 pays membres de l'UA pour acter le retour du Maroc, alors que la demande marocaine bénéficie aujourd'hui du soutien de quarante pays!

 

Au-delà de l'arithmétique, préalable incontournable en toute démocratie qui se respecte, l'atout géographique et historique aurait suffi au royaume, membre fondateur de la défunte Organisation de l'Union africaine (OUA, ancêtre de l'UA)  pour décrocher son ticket d'entrée à cette structure panafricaine.

 

Or, il s'avère que l'axe Alger-Prétoria veut détourner le débat vers une autre direction.

 

Quand Pretoria joue la carte de l'émotion et de l'idéologie

 

En panne d'arguments recevables, l'axe Alger-Pretoria sort de son chapeau l'épouvantail de "l'idéologie" pour contrer le retour du Maroc au sein de l'UA. "Contrairement à l’Algérie, qui tient tête au Maroc pour des considérations géostratégiques, l’Afrique du Sud et certains pays d’Afrique australe (Zimbabwe et Angola en plus de la Guinée-Equatoriale) mènent une campagne basée sur la psychologie du colonialisme dans leur tentative de bloquer le retour du Maroc", explique l'Institut sud-africain des études sécuritaires.

L’ambassadeur sud-africain en Ethiopie a été on ne peut plus clair en disant que son pays «ne concevra jamais le retour du Maroc au sein de l’organisation africaine», qualifiant le Maroc de «force d’occupation au Sahara». Selon l'ambassadeur, également représentant de Pretoria à l'UA, le retour du Maroc serait «en contradiction avec les objectifs et les idéaux de l’UA, notamment la lutte contre le colonialisme»!

Un «argumentaire» destiné à induire en erreur l'opnion publique africaine, en cultivant sciemment l'amalgame entre le colonialisme (personnifié par l'ancien colon espagnol) et la récupération par le Maroc d'un territoire qui lui revient de plein droit, en vertu de la loi, de la géographie et de l'histoire, sachant que la Cour de la Haye, aux Pays-Bas, avait confirmé dans son verdit rendu au milieu des années soixante-dix, l'existence de liens d'allégeance entre les tribus du Sahara et les sultans marocains.

 

27/01/2017