Vague de répression à Tindouf : Passivité du Maroc et silence des ONG internationales

Ni Amnesty ni Human Rights Watch n’ont communiqué sur les manifestations qui secouent les camps de Tindouf. Un silence qui étonne de la part d’ONG de défense des droits de l’Homme. De son côté, la diplomatie marocaine est également passive alors que les médias proches du Polisario ont commencé à montrer du doigt le Maroc.

La vague de protestations qui agite les camps de Tindouf n’a eu aucun droit de cité dans le fil de l’agence de presse du Polisario. Seuls quelques médias locaux ont brisé ce silence par une couverture des manifestations des jeunes, devant le quartier général de Mohamed Abdelaziz à Rabouni, réclamant que les coupables de la « fuite » de Mahjouba Hamdidaf, soient désignés et ensuite jugés.

En guise de réponse, la direction a ordonné à ses milices de recourir à la manière forte, usant des pierres et des tirs à balles réelles contre les marcheurs. Ils étaient entre 500 et 600, hier, selon les estimations de Khat Achahid, une organisation en rupture de ban avec le Polisario.

Parallèlement à ce silence de l’agence de presse du Polisario, tout à fait prévisible, des associations comme Amnesty International ou Human Rights Watch se sont faites plutôt discrêtes sur la répression des marches pacifiques. Un silence qui tranche avec la sélérité manifestée par les mêmes ONG lorsqu'il s'agit de faits qui concernent le Maroc. C'était le cas de Amnesty International qui, fin septembre, avait dégainé un communiqué depuis Londres sur une prétendue affaire de torture, alors même qu'une délégation de la même ONG était en visite dans le royaume. 

La diplomatie marocaine ne bouge pas

Il faut néanmoins souligner que la diplomatie marocaine n'a pas non plus brillé par son activisme sur ce dossier. Alors que le Polisario se saisi de toute manifestation à Laâyoune ou Dakhla pour alerter l'opinion internationale sur les violations des droits de l'Homme, le Maroc semble vouloir laisser passer l'orage. 

Pourtant, après quatre jours de silence, aujourd’hui, une radio proche de la direction du Polisario à accusé les services marocains de renseignements d’être les instigateurs de la tension qui prévaut dans les camps. Le média avance que des agents marocains auraient distribué d’importantes sommes d’argent aux jeunes sahraouis pour attaquer le siège de Mohamed Abdelaziz et mettre les camps à feu et à sang.

Le média en question n’a pas participé à la couverture des protestations. Celles-ci ont coïncidé avec la présence d’une délégation du parti espagnol Izquierda unida (gauche unifiée) qui se trouve depuis, hier, à Tindouf.

06/11/2014