Violations des droits de l’Homme dans les camps de Tindouf: les bourreaux du polisario persistent et signent

Rabat- Dans les camps de Tindouf dans le sud-ouest algérien, la vie est devenue un véritable calvaire quotidien. Les exactions et les privations de toute sorte auxquelles sont soumis les séquestrés sahraouis dans cette vaste prison soigneusement occultée des regards ne sont plus un secret pour personne. Et pourtant, le mur de silence qui entoure ce drame humain n’est pas encore brisé.
Profitant de ce mutisme international et retranchés derrière leurs maîtres algériens, les geôliers du polisario se sont essayés à toutes les formes de persécutions à l’encontre de milliers de personnes retenues contre leur gré dans les camps de la honte, dont des enfants, femmes et personnes âgées désemparés et sans défense.
L’ironie de l’histoire, c’est que l’entité fantoche qui crie sous tous les toits le droit des Sahraouis – dont elle s’est autoproclamé porte-parole – à l’”autodétermination” et au “libre choix”, n’éprouve aucune gêne à bafouer quotidiennement les mêmes droits qu’elle revendique de mauvaise foi, comme si les populations prises en otage dans les camps de Tindouf étaient des citoyens de deuxième catégorie qui ne pouvaient aspirer, comme leurs congénères, à une vie digne auprès des leurs.
La situation devenant intenable, les Sahraouis, surtout les jeunes accablés par tant d’injustice et animés par la foi et l’espoir en le changement, ont initié un mouvement de contestation contre les pratiques des mercenaires du polisario qui ont réduit à l’esclavage toute une population et ont poussé l’arrogance et le cynisme jusqu’à déporter les enfants des camps au Cuba pour leur apprendre à manier les armes et exploiter la souffrance des séquestrés pour mendier l’aide humanitaire internationale qu’ils détournent sans vergogne à leur propre profit.
Cette vague de contestation a atteint son apogée cette année, avec à la clé des manifestations et des sit-in de plus en plus imposants et véhéments dirigés par des Sahraouis appartenant au Mouvement des jeunes pour le changement (MJC), qui réclament désormais le départ de la direction du polisario qualifiée de “corrompue, totalitaire et anti-démocratique”.
Fidèles à leur réputation de bourreaux, les dirigeants du polisario ont sorti la grosse artillerie pour tenter de mater cette révolte juvénile, museler les voix dissidentes et imposer par la force le fait accompli, quitte à commettre des atrocités dignes des criminels de guerre (enlèvements, viols, assassinats ).
Le jeune M’Rabih Ahmed Mahmoud Dah a été l’un des derniers en date à faire les frais de ses critiques acerbes contre les sales pratiques de la direction du polisario. Ayant eu l’audace de dresser son réquisitoire à visage découvert, il a été kidnappé, quelques jours avant l’Aid El Fitr de cette année, et conduit vers une destination inconnue. Les siens sont sans nouvelles de lui depuis lors.
L’enlèvement semble être d’ailleurs une politique méthodique chez le front séparatiste et il n’y a qu’à voir, pour s’en rendre compte, les cas similaires d’enlèvement de dizaines d’autres jeunes Sahraouis des camps de la honte, dont le seul tort était d’exprimer et de défendre des thèses différentes de celle des tyrans du polisario.
A ce despotisme politique s’ajoute un autre économique qui fait qu’au moment où les populations de Tindouf vivent dans le dénuement et la privation, le mercenaire en chef Mohamed Abdelaziz et sa horde s’enrichissent du détournement des aides humanitaires et du commerce transfrontalier, des mannes qu’ils exploitent à fond avec la bénédiction et la protection des généraux algériens.
La caste dirigeante du polisario et les “notables” à leur solde sont, en effets, les seuls autorisés à s’adonner aux activités commerciales très lucratives dans les camps de Tindouf. Toute contestation ou tentative de casser ce monopole sont sévèrement punies, comme ce fut le cas en janvier dernier, lorsque deux jeunes commerçants sahraouis ont été abattus de sang-froid par l’armée algérienne, près de la frontière avec la Mauritanie.
Khatri Hammedha Khandoud (20 ans), Mohamed Aliyene Abbih (23 ans) et Moichan Salek Boujemaa (34 ans), se rendaient en Mauritanie à bord d’un véhicule, lorsqu’ils ont été pris sous le feu des tirs des militaires algériens embusqués derrière des dunes. Les deux premiers, dont les corps ont été criblés de balles, ont rendu l’âme sur-le-champ, alors que le troisième a été grièvement blessé à la tête.
C’est sur les vestiges de cette souffrance et misère humaine que les despotes du polisario ont fait fortune. L’auteur américain à succès et spécialiste des questions terroristes, Richard Miniter, qui avait visité les camps de Tindouf, dénonce ce contraste criant entre les fastes des somptueuses résidences des miliciens séparatistes et l’extrême pauvreté à laquelle sont condamnés les habitants des camps de Tindouf, notamment les jeunes sans emploi.
Dans un article paru en mars 2013 dans Forbes Magazine , Miniter écrit que “bien que le chef des séparatistes dispose d’un complexe construit en béton armé dans les camps de Tindouf, il jouit en plus de résidences secondaires somptueuses aussi bien en Espagne que dans d’autres pays d’Europe”.
Cette amère réalité fait dire au journaliste américain, auteur de plusieurs best-sellers sur le terrorisme, que les populations des camps “ont de bonnes raisons de vouloir s’extraire à la précarité d’un environnement (…) qui est sous l’emprise d’un système dictatorial, qui rappelle l’Allemagne de l’est du temps de la Guerre froide” et à un “dictateur qui se succède à lui-même depuis 1976, dans le cadre d’élections à un seul candidat”.
Dans un reportage sur les camps de Tindouf publié dans le premier numéro francophone de Foreign Policy Magazine, l’expert américain affirme que “les dirigeants des séparatistes n’arrivent pas à assurer un semblant d’ordre, situation exacerbée par un manque d’infrastructures et par l’absence d’un pouvoir légitime” et cherchent par tous les moyens à “faire perpétuer le statu quo, au détriment même des populations qui, elles, croupissent dans les camps”.
En poursuivant ses gravissimes violations des droits humains les plus élémentaires, dont le droit à la libre circulation, à la liberté d’expression et à une vie décente à l’abri du besoin et de la sujétion, le front séparatiste, ses parrains et ses affidés ne font que montrer au monde entier leurs hideux visages de bourreaux sans scrupules et retourner contre eux-mêmes la carte des droits de l’Homme qu’ils sortent ridiculement dans leurs guerres diplomatiques et médiatiques vaines et désespérées contre le Maroc.

Par Meriem RKIOUAK

20/08/2014