Dans le cadre des travaux de la 24e session du conseil à Genève, Mme Yasmine Hasnaoui, membre de l'ONG AIDE (l’Agence internationale pour le développement), a jeté, la semaine dernière, la lumière sur les réformes en matière de gouvernance des politiques publiques qui ont été mises en œuvre dans les provinces du Sud. Cette doctorante chercheuse sur la question du Sahara marocain et cadre supérieur à l'Agence pour la promotion et le développement économique et social des provinces du sud du Royaume a souligné que nul ne saurait nier la profondeur de ces réformes. Dans cet entretien, Mme Hasnaoui relève le rôle important que joue la société civile en vue de contrer les manœuvres désespérées des ennemis de l’intégrité territoriale du Royaume.

Le Matin : Lors de votre intervention à la 24e session du Conseil des droits de l’Homme à Genève, vous avez mis en lumière les transformations considérables dans les provinces du Sud. Comment a été accueilli votre argumentaire ?

Yasmine Hasnaoui : Lors de mon intervention, j’ai effectivement mis en exergue le développement et les réformes qu’ont connus nos provinces du sud du Royaume. En effet, sous l’impulsion d'un État respectueux des droits économiques, sociaux et environnementaux de ses citoyens, la société de ces provinces, depuis leur décolonisation, a connu des mutations et des reformes profondes en matière de gouvernance des politiques publiques. 

Des avancées substantielles ont été réalisées au niveau du bien-être social, des droits de l’Homme, de la réduction de la pauvreté et des inégalités. De même, de nombreux acquis se sont renforcés dans les domaines de la sécurité, l’espérance de vie, la généralisation de l’enseignement, l’accès aux services publics de base et au logement. Il est important de faire connaitre ces avancées afin de contrecarrer les fausses informations et les idées propagées par le «Polisario» au sein du Conseil des droits de l’Homme et montrer que, bien au contraire, c’est à quelques centaines de kilomètres de nos régions sud du Maroc qu’un vrai désastre humanitaire subsiste et résiste au temps, dans les camps de Tindouf contrôlés par le «Polisario», sur le territoire algérien.

 

Quel rôle joue la société civile dans la promotion de la première cause nationale ?

La société civile au Maroc est de plus en plus consciente du rôle à jouer dans la défense de la cause de l’intégrité territoriale. Elle occupe, en effet, une place importante dans la promotion de l’affaire du Sahara, puisqu’elle œuvre à favoriser les échanges et la communication, surtout dans l'éclaircissement de la réalité vécue au quotidien à Tindouf depuis plus de trois décennies. Il est alors important pour la société civile de renforcer son plaidoyer autour de la cause nationale à l’échelle internationale, et ce, à travers une forte présence dans les manifestations culturelles et académiques.

 

En tant qu’ONG, quels sont les principaux axes de votre action à l’étranger pour promouvoir l’image du Maroc ?

En tant que défenseur des droits de l’Homme et doctorante chercheuse sur la question du Sahara marocain, je pense que les axes de plaidoyer à l’étranger devraient être focalisés tout d’abord sur l’élargissement des contacts des représentants des associations et le renforcement des connaissances à travers des visites d’échanges. Ensuite, il y a la participation à plusieurs manifestations culturelles et académiques durant lesquelles je mets en exergue le processus de développement et les multiples réformes profondes en matière de gouvernance et des politiques publiques qu’a entamées le Maroc, notamment dans nos provinces du Sud. Dans cette optique, et grâce à ces échanges, j’ai été invitée à m’exprimer dans plusieurs universités américaines (telles que John Hopkins University, Massachussets University, Amherst College) sur les réformes engagées par le Maroc durant les dix dernières années et c’est aussi une occasion de défendre l’affaire du Sahara afin de contrecarrer toute ambigüité et fausses idées sur la question.

 

Quel regard portez-vous sur la coordination de la société civile marocaine au niveau des manifestations organisées à l’étranger ?

Il est important pour la société civile de se focaliser non seulement sur le renforcement du réseautage associatif, mais aussi sur l’organisation d’une panoplie d’activités à l’échelle internationale. Il s’avère de la plus haute importance également de faire participer nos Marocains résidant à l’étranger. Je ne nie pas que ce genre de manifestations est organisé, mais malheureusement pas d’une manière régulière. La plupart de ces activités sont organisées lorsqu’il y a une activité des séparatistes. Aux USA, il y a presque 300 000 ressortissants marocains et plus d’une vingtaine d’associations marocaines actives dans la promotion des relations maroco-américaines. Je reste convaincu que ces MRE peuvent mener un plaidoyer efficace pour notre cause nationale et ils peuvent, ainsi, influencer les décideurs américains. Pour atteindre les objectifs escomptés, il est primordial d’asseoir une véritable coordination entre les parties concernées. La politique de proximité est également appelée à être renforcée de la part de nos officiels marocains.

@jasminehasnaoui

05/10/2013