Rabat - Le ministre délégué aux Affaires étrangères et à la coopération, Youssef Amrani, a qualifié, vendredi, de "ligne rouge" la création de tout mécanisme international de contrôle des droits humains dans les provinces du sud du Royaume, quelle qu'en soit la nature, la forme ou la mission, écartant toute possibilité de négociation à ce propos.

Le Maroc rejette cette approche dangereuse car la question du Sahara est placée sous le chapitre VI de la Charte de l'ONU, en ce sens que le Conseil de sécurité se limite à encourager les parties à parvenir à la solution escomptée, loin de toute résolution contraignante, a expliqué le ministre au cours d'une réunion conjointe des commissions des Affaires étrangères des deux Chambres du Parlement. 

 

Le changement d'approche "signifie tout simplement plus de dangers et va saper le compromis entre les membres du Conseil de sécurité", a-t-il averti, estimant que l'élargissement de la mission de la MINURSO constitue, en quelque sorte, une récompense politique aux autres parties et satisfait les motivations politiciennes outrepassant largement le domaine des droits de l'Homme, telles qu'exprimées par ces parties, au détriment du Maroc. 

 

Le texte proposé constituera une véritable rupture avec les efforts fournis pour stimuler le processus politique, sur la base des résultats de la dernière tournée régionale de l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU, Christopher Ross, a indiqué le ministre, relevant que cette mesure pénalise injustement la partie la plus engagée dans ce processus et qui a consenti les efforts nécessaires en vue d'appuyer la nouvelle approche du médiateur onusien privilégiant la stratégie des navettes diplomatiques. 

 

C'est une approche injustifiée car, contrairement aux autres cas de surveillance des droits humains dans le cadre des missions de maintien de la paix, la situation au Sahara marocain est tout à fait normale, loin de toute violation, dépassement et transgression nécessitant l'élargissement des prérogatives de la MINURSO ou la mise en place d'un mécanisme international, a-t-il insisté. 

 

M. Amrani a rappelé que, grâce aux orientations royales, le Maroc a engagé des réformes considérables et entrepris des mesures crédibles en matière de la protection des droits humains, à leur tête le renforcement des mécanismes et du rôle du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), y compris la création de bureaux régionaux à Laayoune et Dakhla, et la coopération étroite du Conseil avec les organismes onusiens spécialisés. 

 

Le ministre a souligné que la proposition de surveillance des droits humains ne pourrait être mise en œuvre car cela "suppose de mettre à pied d'égalité, et de manière inadmissible, un Etat souverain, membre actif des Nations unies et des mécanismes juridiques du droit international, et une entité factice n'ayant aucun engagement international en la matière", notant que cette proposition serait une négation des efforts du Maroc qui a pris, depuis 2011, des initiatives sérieuses et tangibles pour le traitement des allégations de violations au Sahara. Lesquelles initiatives ont été parachevées et ont pris une dimension internationale avec les visites des rapporteurs spéciaux, de délégations gouvernementales, des médias, de parlementaires et d'ONGs. 

 

Tout en rappelant que ces actions ont été saluées par le Conseil de sécurité, M. Amrani a déploré de ne pas donner le temps suffisant à ces initiatives pour arriver à maturation, se demandant sur la pertinence de la précipitation à les suppléer par des mécanismes internationaux diamétralement opposés. 

 

M. Amrani a rappelé que les autres parties ont opté de manière délibérée, durant les dernières années, pour une stratégie basée sur l'instrumentalisation des idéaux des droits de l'Homme, avec le soutien de parties réputées pour leur hostilité au Maroc, particulièrement des ONG et des médias. 

 

Cette stratégie vise essentiellement à détourner l'attention sur la responsabilité des adversaires de l'intégrité territoriale du Maroc vis-à-vis du processus politique placé sous l'égide de l'ONU, en vue de faire perdurer la situation de statu quo, contrecarrer toute solution réaliste et de compromis, saper les efforts sérieux, crédibles et de bonne foi du Royaume et porter préjudice à la dynamique déclenchée par l'initiative d'autonomie. 

 

L'autre aspect de cette stratégie flagrante, a-t-il fait observer, s'articule autour de tentatives désespérées de certaines parties de politiser la mission de la MINURSO en donnant une image totalement erronée, partiale et déséquilibrée de la situation des droits de l'Homme dans les provinces du sud du Royaume. 

 

"Le Royaume du Maroc, fort de l'unanimité de l'ensemble de ses composantes autour de l'unité nationale, continuera, comme par le passé et de manière souveraine, à faire face à toute tentative à même d'altérer les efforts visant à parvenir à une solution politique respectant la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale", a conclu M. Amrani.

20/04/2013