Dans le cadre de ce conflit permanent entre le Maroc et l’Algérie, avec ses prolongements politiques et militaires, Alger est revenu à son vieux projet, son rêve historique d’avoir un accès sur l’Atlantique.

Notre voisin de l’Est envisage donc de relier, par route, la région de Tindouf, située au sud-ouest algérien, à la localité de Choum en Mauritanie, en bordure de la frontière avec le Maroc. Le problème, dans la réalisation de cet ancien/nouveau projet, c’est qu’il passe par le territoire marocain, dans la zone non protégée par le mur érigé par le Maroc, c’est-à-dire à l’est de ce rempart de sable, ce que les Algériens et les gens du Polisario appellent « les terres libérées ». Cela fait du Front séparatiste la troisième partie d’un accord qui, s’il devait être contracté, unirait Algérie et Mauritanie. 

Les Algériens ont précédé la visite effectuée par le ministre de l’Equipement et du Transport, Aziz Rabbah, en Mauritanie, une visite au cours de laquelle il a rencontré son homologue ainsi que le président Mohamed Ould Abdelaziz qui a affirmé à Rabbah qu’il n’avait pas donné son assentiment définitif au projet, du moins selon ce qu’a révélé la presse mauritanienne. Pour sa part, le ministre marocain a déclaré ne pas s’être entretenu avec le président mauritanien de ce sujet car, dit-il, « le Maroc n’intervient pas dans un projet bilatéral entre deux pays mais que, à l’inverse, il soutient toute action visant un rapprochement entre deux pays maghrébins ». 

Selon un connaisseur des relations maroco-mauritaniennes, « la réaction du ministre démontre une certaine finesse car les accords passés par Rabbah avec les responsables à Nouakchott répondent aux aspirations du Maroc de développer les relations avec son voisin du sud, et jettent les bases d’une coopération selon le principe du gagnant-gagnant ». Aussi, selon le même expert, « ne pas évoquer le sujet devant les médias est une approche qui évite d’entrer dans le jeu des Algériens ». 

Ces derniers avaient fait renaître ces derniers jours leur projet de liaison entre Tindouf et Choum, lors de la rencontre entre l’ambassadeur algérien à Nouakchott et le ministre mauritanien de l’Equipement ; le diplomate avait remis au responsable mauritanien le dossier complet de faisabilité du projet, tant sur les plans économique que social, et même environnemental. L’ambassadeur algérien avait exhorté son interlocuteur à accélérer les choses concernant la construction de cette route de 800 km, afin de passer à l’étape suivante qui devrait porter sur les moyens de financement. Mais les réserves financières algériennes devraient pouvoir assurer les capitaux nécessaires à cela. 

Vingt quatre heures plus tard, le ministre mauritanien accueillait son homologue marocain, venu avec tout un ensemble de projets communs pour en convenir avec Nouakchott, des projets qui se rapportent aux secteurs du transport aérien, maritime et terrestre. Ainsi, pour ce qui est des liaisons aériennes entre le Maroc et la Mauritanie, que la Royal Air Maroc assurait, Rabat a accepté que ces vols soient équitablement répartis entre les compagnies aériennes des deux pays. Enfin, le Maroc s’est engagé à la formation des cadres maritimes mauritaniens, tant au niveau de l’exploitation des ports qu’à celui de la navigation en mer.

28/09/2012