Pour les Français qui s'y établissent à partir de 1830, elle ne prend que progressivement une nouvelle identité. Dès 1831 cependant, le mot "Algérie" apparait à deux reprises dans l'ordonnance royale du 1er décembre créant une intendance civile. Mais on parlait toujours de l'ancienne Régence ou des Possessions françaises dans le nord de l'Afrique.

Après les travaux de la Commission d'Afrique, fut publiée l'ordonnance du 22 juillet 1834, préparée par le Maréchal Soult en tant que Président du Conseil et qui instituait le régime des "Possessions françaises dans le nord de l'Afrique (ancienne Régence)". Pour l'anecdote, Adrien Berbrugger, rédacteur en chef du Moniteur Algérien de 1835 à 1837, fut blâmé par le ministre de la Guerre pour avoir remplacé par "Algérie" la périphrase officielle "Possessions françaises dans le nord de l'Afrique". 

C'est un texte fondamental dans lequel on a vu l'acte de naissance du pays. Le commandement militaire et la haute administration étaient confiés à un gouverneur général qui, sous le contrôle du Ministère de la Guerre, disposait de toute l'autorité, prenant seulement l'avis du conseil composé des plus hauts fonctionnaires. De plus, décision très importante pour l'avenir, il était précisé que : "Jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné, les possessions françaises dans le nord de l'Afrique seront réglées par nos ordonnances". 

En effet, c'est bien la France qui a donné son
 nom et ses frontières à ce territoire appelé "Oulayat el Djézaïr" (régence d'Alger) par les Turcs, alors que précédemment, il ne constituait pas une entité bien claire pour ses habitants relativement peu nombreux (moins de 3 millions). Et c'est le 31 octobre 1838, que pour la première fois, l'appellation officielle "Algérie" parait au Bulletin des lois n° 609 (ordonnance du Roi des Français n° 7654 sur l'administration civile de l'Algérie) ne faisant que légaliser un terme fabriqué par la langue française où il commence à avoir valeur d'usage. 

 

Depuis cette ordonnance d'ailleurs, tous les documents officiels emploient le terme "Algérie". Ce dernier ne fait que souligner l'appellation légale comme un rappel à l'ordre pour l'Administration, le texte du Journal Officiel ayant été signé un an plus tôt. 

Le 29 décembre 1840, Bugeaud est encore nommé Gouverneur Général des Possessions du nord de l'Afrique et ne reçoit le titre de Gouverneur Général de l'Algérie que le 15 avril 1845. 

Le mot Algérie désigne alors la partie septentrionale, conquise par la France, à l'exclusion du Sahara algérien (tel qu'on le définit actuellement) dont la soumission restait à obtenir.

 

30/03/2013