A la veille d’une nouvelle tournée au Maghreb, Christopher Ross le médiateur onusien dans l’affaire du Sahara occidental, paraît blasé de voir ses espoirs de sortir les négociations de l’impasse, se heurter à un mur quasi-infranchissable.   

D’une part, Christopher Ross qui entame le 20 mars sa tournée en Algérie, au Maroc et en Mauritanie, sait que le chef du gouvernement marocain, l’islamiste Abdelilah Benkirane a des positions claires sur la question. Pour Benkirane, le conflit du Sahara occidental relève d’une rivalité purement bilatérale entre le Maroc et l’Algérie. Et si le Polisario assume un rôle dans cette affaire, c’est uniquement grâce au bon vouloir d’Alger. C’est le pouvoir algérien qui l’abrite sur son territoire, le soutien militairement, politiquement et diplomatiquement, estime le chef du gouvernement marocain. C’est aussi les pétrodollars algériens qui financent les déplacements des responsables du Polisario à l’étranger, lesquels voyagent d’ailleurs avec des passeports algériens. Abdelilah Benkirane et son parti, le PJD au pouvoir, croient dur comme fer que le conflit du Sahara occidental serait réglé en un jour si le pouvoir en Algérie le voulait. Le deuxième protagoniste dont Christopher Ross mesure toute l’influence, il se trouve de l’autre côté. C’est le DRS algérien, dont les mystérieux chefs ne sont pas moins intraitables sur la question. Le médiateur onusien sait parfaitement que ce sont les redoutables services de renseignements militaires algériens qui détiennent la clé du problème. Non seulement ils contrôlent les moindres faits et gestes dans le QG du Polisario à Tindouf, mais surtout, ils dictent la marche à suivre dans le dossier du Sahara occidental dans ses moindres détails.

 

La tâche s’annonce donc assez difficile, et pour ne rien arranger, Christopher Ross a commis une gaffe à la veille de son départ pour sa tournée. En s’affichant ostensiblement dans une activité pro-Polisario à New York, il s’est attiré les foudres du PJD, dont une parlementaire lui en tient rigueur. La députée Amina Maa El Ainine, elle-même d’origine sahraouie, était présente à l’activité en question à New York. Elle a vivement réprouvé le comportement de Ross censé respecter, selon elle, un minimum de réserve que tout médiateur s’impose de lui-même.

18/03/2013