Annulation par Rabat des manœuvres militaires conjointes African Lion 2013 qui devaient débuter dans deux semaines, boudage ou plutôt boycott  des activités de l’ambassade américaine… Oui il s’agit d’une véritable crise entre Rabat et Washington dont la raison est une proposition américaine intégrée à un projet de résolution sur le Sahara qui sera soumis au Conseil de sécurité le 22 avril prochain. Une proposition que Rabat juge comme inacceptable  dans la mesure qu’elle porte atteinte à la souveraineté marocaine sur ses provinces sahariennes. En effet, cette proposition qui sent le « Rossi » veut élargir les prérogatives de la Mission onusienne sur le Sahara (ONU) en lui attribuant le rôle de gendarme des droits de l’homme au Sahara. 

 

Le timing choisi pour cette proposition dont le contenu a été rendu public en fin de semaine dernière appelle de notre part une série d’interrogations. Que voici dans sans ordre d’importance. 

 

1.    La proposition américaine tombe au moment ou le rang des pays arabes sont plus que jamais divisés du fait de la crise syrienne et du militantisme tous azimuts de l’émir du Qatar; 

 

2.    L’offre du département d’État survient alors que le Maroc, confronté à une grave crise budgétaire, s’apprête à solliciter le marché international pour financer sa consommation à des conditions favorables; 

 

3.    Le document de Washington arrive alors que la contestation sociale bat son plein au Royaume. 

 

La somme de ces circonstances impliquerait que le but recherché par une telle proposition serait une volonté du Conseil de sécurité d’en finir avec un statu quo qui a perduré depuis le cessez-le-feu en 1991. C’est de bonnes guerres pourrait-on dire. D’autant que Youssef Amrani le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération a lui-même déclaré, il y a quelques jours, que Rabat ne souhaitait point le prolongement du statu quo. Mais le fait est que cette proposition fait l’impasse sur tous les efforts volontaristes et positifs entrepris par le Maroc depuis cette dernière décennie notamment l’investissement par Rabat dans ses provinces de plus de quatre milliards de dirhams depuis 1976 sans compter d’autres milliards apportés dans la région par une charte d’investissement hautement incitative. En bref, la proposition américaine donne l’impression que tout ce qu’a fait l’État marocain au Sahara se résume au « pillage des ressources naturelles et au tabassage des populations ». Ce qui est faux et une répétition bête, maladroite et méchante des thèses du Polisario et de l’Algérie. 

 

Alors où est le problème ? Quelle est cette brèche par laquelle s’est faufilé ce coup de vent défavorable ? Éléments de réponses. Les voici. 

 

A) En décidant par décret de geler 15 milliards de dirhams d’investissements publics prévus par la loi de Finances en cours, le Premier ministre Abdelilah Benkirane, malgré toute sa bonne foi, a commis une double imprudence. D’un côté il a montré un degré d’indépendance dans la prise de décision auquel ni les Institutions de Bretton Woods ni les grands manitous de l’ONU ne sont habitués, de l’autre, contrairement aux gouvernements précédents, Benkirane a médiatisé sa décision…; 

 

B)  Subsidiairement à ce qui a été écrit en A, le gel de 15 milliards d’investissements publics va, du moins selon les détracteurs du Maroc, se répercuter négativement sur le processus de développement socio-économique au Sahara. Entre autres sur une série de projets de routes et de renforcement d’infrastructures portuaires que le ministre du Transport et de l’Équipement, le PJD Abdelaziz Rabbah, a lancés en février dernier dans la région Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra; 

 

C) La répétition quasi mécanique par les médias et les officiels marocains d’une phrase qu’ils croient être un point fort alors que c’est tout le contraire. Cette phrase est « La perte du Sahara menace la pérennité du régime et la cohésion des Marocains ». Totalement faux et idiot. La vérité est que « le Maroc ne perdra pas son Sahara et que même si d’aventure elle est contrainte de s’en éloigner un jour cela n’influera en rien sur la pérennité du régime ni sur la cohésion nationale ». En fait, en répétant cette fausse réalité on ajoute de l’eau dans le moulin de l’adversaire. 

 

Maintenant quelle est la solution ? D’abord éviter des actes insensés comme incendier le drapeau américain, s’en prendre à des intérêts américains ou débiter des déclarations débiles. Puis la meilleure posture à prendre : Garder son sang-froid et wait & see. Et compter sur le bon sens des membres du Conseil de sécurité.

Abdelkarim Chankou 

18/04/2013

Commentaires (2)

  • anon
    lucide (non vérifié)

    le sahara nous à filer entre les doigt depuis h2 , reste que le palais ni aucun gouvernement ne sont capables d'assumer

    soyons honnêtes avec nous memes admettons l’indépendance et pensons à l'avenir , combien avons nous sacrifier pour ce bout de desert aride et pauvre indésirable dans presque tout les pays du monde , combien de nos compatriotes et de contrés peuvent profiter de ce budget , je connais assez bien le sahara pour vous dire que les sahraouis ne serons jamais marocains et n'accepterons jamais le maroc
    cet affaire n'est qu'un pretexte pour maintenir une dictature et des dépassements aujourd'hui inacceptables

    que ce foutu sahara sois indépendant et que vive le maroc fort et prospère

    avr 18, 2013
  • anon
    admin

    Rien n'a file de nos doigts cher ami, le Sahara est tjrs marocaine, et meme si on sacrifie tt le pays et tt les marocins pour un centimetre de notre terre car c'est notre TERRE et c'est notre peuple, et crois tu que les ennemis du Maroc vont s'arreter sur le Sahara si on la cede?? alors tu es un debile de 1er rang

    avr 18, 2013