’exigence de recenser la population séquestrée dans les camps de Tindouf n’est plus une simple requête marocaine, mais aussi un besoin international, après que plusieurs centres stratégiques internationaux aient affirmé l’arrivée d’une dizaine d’éléments du Front Polisario au Nord du Mali afin d’apporter leur soutien aux groupes terroristes installés dans cette région. La situation actuelle dans les camps de Tindouf a favorisé le développement du terrorisme. En effet, les formes de misère sociale, de pauvreté et de désespoir dont pâtissent les jeunes séquestrés dans les camps de Tindouf, ont accentué leur vulnérabilité, facilitant du coup leur recrutement par les groupes terroristes. A cela s’ajoute la nécessité pour le Front Polisario d’un appui financier et du renouvellement idéologique que fournissent ces groupes extrémistes, dans le but de remobiliser une base sociale lassée par 35 ans de promesses non tenues. Tous ces facteurs ont transformé les camps de Tindouf en de fertiles pépinières de recrutement de terroristes et de trafiquants de toutes sortes. Les événements de Gdeim Izik montrent en effet leur infiltration par certains de ces éléments.

De plus, plusieurs jeunes du Front Polisario ont rejoint le bataillon des «masqués» ainsi que l’organisation «Tawhid et Jihad» installés dans la région désertique située à la frontière entre le Mali et l’Algérie suite à la propagation de la tendance salafiste dans les camps de Tindouf. Plusieurs rapports de centres stratégiques ont affirmé que les opérations des forces françaises ont poussé une dizaine de terroristes des groupes extrémistes du Nord du Mali à se réfugier parmi les rangs du Polisario, comme c’est le cas de Hamada Ould Khairo, considéré comme un des dirigeants de l’organisation «Tawhid et Jihad» qui s’est allié dernièrement avec Mokhtar Belmokhtar.

Il est exigé aujourd’hui  de la Communauté internationale de contribuer à la limitation des zones de tension dans la région incluant les camps de Tindouf, car le risque est grand de voir ceux-ci se transformer en une base pour la propagation du terrorisme et du désordre dans une zone qui a considérablement besoin de sécurité et de stabilité.

*Professeur à la faculté de droit de Mohammedia

Conseiller auprès de Centre d’Etudes Internationales

Zoom sur le CEI

Créé en 2004 à Rabat, le Centre d’Etudes Internationales (CEI) est un groupe de réflexion indépendant, intervenant dans les thématiques nationales fondamentales, à l’instar de celle afférente au conflit du Sahara occidental marocain. Outre ses revues libellées, « Etudes Stratégiques sur le Sahara » et « La Lettre du Sud Marocain », le CEI initie et coordonne régulièrement des ouvrages collectifs portant sur ses domaines de prédilection. Sous sa direction ont donc été publiés, auprès des éditions Karthala, « Une décennie de réformes au Maroc (1999-2009) » (décembre 2009), « Maroc-Algérie : Analyses croisées d’un voisinage hostile » (janvier 2011) et « Le différend saharien devant l’Organisation des Nations Unies » (septembre 2011). En avril 2012, le CEI a rendu public un nouveau collectif titré, « La  Constitution  marocaine  de  2011  –  Analyses  et  commentaires ». Edité chez la LGDJ, ce livre associe d’éminents juristes marocains et étrangers à l’examen de la nouvelle Charte fondamentale du royaume.

 

07/02/2013