Le verdict est tombé dans l’affaire Gdim Izig. Un long et pénible feuilleton judiciaire. L’un des plus médiatisés. L’un des plus complexes. Et surtout, l’un des plus suivis par les observateurs.

Et pour cause, les mis en cause qui sont au nombre de 24 sont tous d’origine sahraouie et prônent en public la thèse du Polisario.

Qu’on le veille ou non, le procès est d’entrée de jeu semi-politisé. Le conflit autour de la question du Sahara reste ainsi présent dans l’antichambre du tribunal. Bien que le chef d’accusation relève clairement du droit commun. Et puis, la toile de fond de cette affaire est meublée d’événements ayant accompagné le démantèlement du camp installé par plus de dix mille personnes, sur le site Gdim Izig, près de Laâyoune, il y a un peu plus de deux ans de cela.

Bilan des actes de violence : 11 personnes assassinées cruellement, toutes ou presque font partie des éléments des forces auxiliaires. Des martyrs du devoir. Les corps de certains parmi eux ont été même mutilés, sans aucun scrupule. Voilà pour les faits …

Plusieurs enseignements à tirer. On en cite trois seulement. D’abord, l’aboutissement à une reconnaissance nationale et internationale d’un procès équitable, avec toutes les conditions et les exigences que cela requiert. Epreuve difficile, à l’aune d’une nouvelle constitution, ayant hissé la justice au rang d’autorité. Les antécédents judiciaires dans les grands procès du royaume donnent plutôt raisons aux détracteurs. Les temps ont changé, fort heureusement. Le pari est gagné.

Avant d’accéder au tribunal militaire de Rabat… Deux groupes s’assemblent sur le site. Les uns crient et pleurent les 11 victimes du devoir et appellent à l’application de la loi. Ce sont les familles des éléments des forces auxiliaires. Les autres scandent des slogans en faveur de l’innocence des mis en cause. Ce sont les familles, amis et  sympathisants des prévenus. Dans la salle d’audience, les observateurs nationaux et internationaux, les journalistes, les familles des accusés … tout le monde était là. Le procès est public. Personne n’en a été interdit. Au niveau de la forme, tous les mis en cause, comme leur défense, ont été entendus sans restriction aucune. Une traduction multilingue a été assurée en faveur des observateurs étrangers.

Les auditions ont pris le temps qu’il faut pour se faire une idée des différentes facettes de cette affaire. Une grande partie des mis en cause a choisi de politiser le procès. Le président de séance n’a pas été secoué ni intimidé par les slogans scandés en faveur du « droit à l’autodétermination » ... Toutes les conditions pour un procès équitable sont assurées. 

Deuxième enseignement à retenir. Ce procès doit constituer un exemple à suivre dans tous les cas de figure, afin de consacrer une nouvelle image de notre justice. Il s’agit de la garantie la plus patente pour la consécration d’un Etat de droit et d’une démocratie perfectible. Tous les événements, aussi bien politiques, sociaux, économiques, administratifs que celles relevant du droit public ont besoin d’une justice juste et équitable.

A Tanger, Oujda, Ouarzazate, Marrakech ou Agadir, les citoyens doivent se sentir couverts par la loi, et particulièrement par la justice. Il est donc temps d’accorder dans les faits cette valeur suprême à notre autorité judiciaire.

La troisième leçon est aussi importante. Il faut abolir le système des privilèges et du comportement préférentiel. Plusieurs citoyens se ressentent un peu lésés, quand ils remarquent un comportement préférentiel envers leurs compatriotes des provinces du sud. Plus, les sahraouis unionistes, et ils sont majoritaires, soulignent que leurs opinions et leurs positions ne sont souvent pas prises en considération. Parfois même, on les ignore jusqu’à ce qu’ils choisissent  d’aller de l’autre côté. Il faut opter désormais pour un autre régime, qui instaure l’égalité et le respect de la loi. Tous les Marocains sont égaux devant la loi.

 

18/02/2013