Le procès des accusés dans l’affaire Gdim Izik (Laâyoune), qui s’ouvre vendredi, relève de la compétence de la justice marocaine tant que les prévenus sont des citoyens marocains ayant commis des crimes sur le territoire du Royaume, ont affirmé jeudi des experts juridiques.

 

Dans des déclarations à la MAP, ces experts ont estimé que toutes les opinions qui versent dans un autre sens ne sont fondées sur aucune base juridique.

 

Il s’agit de juger des personnes qui ont commis des crimes punis par le code pénal marocain, a affirmé M. Omar Touzani, membre de l’Union internationale des avocats, soulignant que les juridictions marocaines sont compétentes pour juger toute personne ayant commis un délit sur le territoire du Royaume.

 

“Nous ne sommes pas devant des procès politiques, une notion qui n’existe pas dans la jurisprudence internationale, d’autant que La Cour pénale internationale fait des procès conformément à une loi pénale”, a affirmé l’ex-bâtonnier de Taza.

 

Pour sa part, Me Tayeb Mohamed Omar, avocat au barreau de Casablanca, a indiqué que l’article 704 de la procédure pénale stipule que les juridictions du royaume sont compétentes pour juger les crimes commis sur le territoire marocain, indépendamment de la nationalité de leurs auteurs.

 

De même, a-t-il relevé, les dispositions des articles 707 et 708 de la procédure pénale stipulent que tout crime commis hors du royaume par un Marocain relève de la compétence des juridictions marocaines, insistant que dans le cas d’espèce, l’affaire soumise à la justice ne relève aucunement des cas qui ne sont pas du ressort des tribunaux marocains.

 

Le procès d’un groupe d’accusés poursuivis dans le cadre des événements liés au démantèlement du camp de Gdim Izik s’ouvre, vendredi, devant le tribunal militaire à Rabat.

 

Vingt-quatre personnes sont poursuivies dans le cadre de ce procès. Elles ont été arrêtées suite à leur implication dans ces événements qui remontent aux mois d’octobre-novembre 2010.

 

Elles sont  poursuivies pour constitution de bandes criminelles, violences sur les forces de l’ordre ayant entraîné la mort avec préméditation et mutilation de cadavres.

La veille de l’ouverture du procès, la Coordination des familles et amis des victimes des événements de Gdim Izik (COFAV) demande à ce que justice soit rendue aux victimes de ces évènements.

 

“Nous voulons que justice soit rendue aux victimes, conformément aux lois et aux conditions du procès équitable tel qu’il est prévu par le droit”, a affirmé la Coordination, dans un communiqué rendu public jeudi, ajoutant que “cette exigence de justice, même si elle n’atténue pas les souffrances des parents, des enfants et des amis de nos fils qui sont tombés, leur permettra d’accomplir le deuil, de comprendre ce qui s’est passé, et surtout de leur rendre justice en punissant leurs bourreaux”.

 

La Coordination dit “regretter le retard qui a marqué l’instruction et la procédure judiciaire dans cette affaire”, lequel retard “a jeté un voile sur la barbarie qui a marqué les faits et les atrocités qui ont accompagné le martyr de nos enfants qui assuraient seulement leur devoir, l’assassinat, la mutilation des corps, et ceci a été filmé et diffusé par les médias, ce qui a ajouté à la tragédie de la perte de nos enfants une souffrance supplémentaire sur les conditions dans lesquelles ces décès ont eu lieu”.

 

La COFAV affirme que seule la condamnation des assassins “permettra d’atténuer la longueur de cette attente, de ce retard qui nous a donné le sentiment de voir assassiner les nôtres, encore et encore, tous les jours et ceci depuis ce triste mois de novembre 2010″.

 

Ces attaques avaient fait 11 morts parmi les forces de l’ordre, y compris un élément de la Protection Civile, 70 blessés parmi ces mêmes forces dont plusieurs graves et quatre blessés parmi les civils.

01/02/2013