Il y a deux points qui m’ont marqué, et que je retiens, du rapport présenté par Christopher Ross, l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations-Unies au Sahara, devant le Conseil de Sécurité, la semaine dernière, lors d’une séance à huis-clos qui avait un objectif uniquement informatif.

 

1/ Christopher Ross a clairement indiqué que la question des droits de l’Homme sur le territoire ne figurait pas dans ses attributions, ce qui constitue une gifle pour la diplomatie algérienne et pour la direction du Front séparatiste Polisario, ainsi que pour leurs affidés supposés militants qui vivent heureux dans nos provinces du Sud tout en déployant d’immenses efforts pour convaincre et conduire l’ONU à intégrer la question des droits de l’Homme dans les attributions de la Minurso. Remarquons, au passage, que cette volonté insistante de l’Algérie et de la direction du Front à faire basculer le théâtre des opérations vers le terrain juridique est intervenue après que le Maroc les ait fait reculer en diplomatie après sa proposition d’autonomie. Aussi, ce qui est certain, c’est qu’Alger et son enfant naturel, le Polisario, ont reçu une douche froide, glaciale, après la présentation du rapport de Ross à New York.

 

2/ Ce point a trait à la question du recensement des réfugiés dans les camps de Lahmada, et de l’approche retenue dans le rapport du diplomate international : « Quant à l’inscription individuelle des réfugiés, un sujet qui a été évoqué une fois de plus à Rabat, j’ai été informé par les responsables du Polisario et d’Algérie que le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) avait exprimé sa satisfaction sur les estimations du nombre de ces réfugiés qui lui ont été fournies, et ces responsables ont ajouté que ceux qui parlent de la nécessité de l’inscription individuelle le font pour des raisons politiques ». Dire que le HCR se suffit des estimations à lui données est une chose fausse, totalement et entièrement fausse, car les gens d’Alger et de Tindouf auraient gagné à dire également que le Haut-commissaire, en visite à Alger, avait officiellement demandé à être autorisé à procéder à un recensement. Ce qui avait été refusé par les dirigeants algériens et ceux du Polisario.

 

Et puis, honnêtement, en quoi cela pourrait-il gêner ces derniers de laisser organiser un tel recensement ? Ne disent-ils pas qu’ils sont convaincus que leurs chiffres et statistiques sont exacts ?

 

Doutent-ils tellement d’eux-mêmes ?

 

La vérité vraie, dans tout cela, est que les responsables à Alger et au sein du Front séparatiste mentent une fois encore, une fois de plus, car prétendre qu’ils sont 190.000 réfugiés est totalement faux, de l’avis même des experts et de ceux parmi les Sahraouis qui sont revenus au Maroc ; le nombre exact des résidents dans les camps tourne, dans sa fourchette la plus haute, autour de 50.000 personnes. Et si l’Algérie et le Polisario tiennent tant à gonfler les effectifs de cette manière artificielle, c’est parce que cela leur permet de toucher plus d’argent au nom de ces gens, de gagner plus mais en douceur.

 

07/12/2012