La mise en garde de Christopher Ross sur l’urgence de parvenir à une solution de la question du Sahara occidental dans le contexte de la guerre au Mali, n’est pas passée inaperçue.

Le médiateur onusien qui effectue une tournée dans les pays de la région concernés par le conflit du Sahara occidental : Maroc, Algérie et Mauritanie a, en fait, relayé le même avertissement lancé par le porte parole du secrétaire général de l’Onu à New York, quelques jours plus tôt. Et les deux mises en gardes sont intervenues au moment même où le Maroc renforçait le contrôle de ses frontières du sud pour empêcher l’infiltration de jihadistes fuyant les combats au Mali. Sous les coups de boutoir des armées française, malienne et tchadienne, les combattants se réclamant de la nébuleuse Al Qaïda fuient par dizaines le territoire désertique du Nord Mali. Parmi eux se trouvent de nombreux combattants du Polisario, le front qui lutte à partir du territoire algérien pour l’indépendance de la région du Sahara occidental. A ce stade, la sonnette d’alarme tirée par l’américain Christopher Ross est un écho aux propres appréhensions de Washington sur ce qui se passe dans la région. Les Etats-Unis sont en effet très inquiets de la multiplication des opérations des jihadistes dans la région. Le sanglant épisode d’In Amenas en Algérie en a signé une transformation qualitative. Washington est convaincue que le DRS algérien n’a plus de contrôle sur certains groupes jihadistes qu’il a lui-même manipulés dans le passé et qui se sont autonomisés depuis lors.

 

Désormais, l’administration américaine craint que les terroristes gagnent en audace et s’en prennent aux sites stratégiques d’hydrocarbures et d’extraction de matières premières dans les pays de la région. Un scénario où toute la zone sahélo-saharienne serait plongée dans une situation d’instabilité chronique qui échapperait à tout contrôle.

25/03/2013